La cité des ténèbres : Les âmes perdues

Les chasseurs d'ombres luttent pour reconstruire leur monde brisé après la trahison de l'un d'entre eux qui les a laissé vacillants.

The Mortal instruments : La cité du feu sacré (Attention Spoiler)

Les ténèbres sont de retour dans le monde des chasseurs d’ombres. Au moment où leur société s’écroule autour d’eux, Clary, Jace, Simon et leurs amis doivent s’unir pour lutter contre le plus maléfique des Nephilims qu’ils n’aient jamais affronté ...

La cité des ténèbres : Les livres

Vous trouverez, réunis sur cette page, tout ce qu'il faut savoir sur la saga de Cassandra Clare, du premier tome au dernier...

Le Codex des chasseurs d'ombres...

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir, sans jamais oser le demander...

The mortal instruments - Le film

Screen Gems une filiale de Sony pictures s'associe à Constantin film et Unique feature pour porter à l'écran la saga des MORTAL INSTRUMENTS. Jessica Postigo a bouclé le scénario qui est basé sur le premier livre de la série, la cité des ténèbres. Le directeur de projet cinéma et TV de Constantin Film Martin Moszkowicz sera producteur exécutif avec Robert Kulzer...

dimanche 11 juillet 2021

Le projet secret de Cassandre Clare : " Les Secrets du Manoir Blackthorn "

Hier, Cassandra Clare était en live sur Instagram pour parler de son projet secret qu’elle nous a enfin dévoilé et qu’elle appelle « Blackthorn Hall ». Il s’agira d’un recueil de nouvelles raconté par Julian et Emma à la fin de leur année de voyages. Ces différentes nouvelles seront publiées sur un Tumblr spécial, tous les lundis d’Août 2021 à Août 2022 et accompagnées d’illustrations de Cassandra Jean.

Julian et Emma sont en voyage lorsque l’Enclave leur envoie un message : « Nettoyez le Manoir Blackthorn ou la propriété reviendra à l’Enclave » Le Manoir laissé en désordre et à l’abandon, Julian et Emma découvriront les secrets que le Manoir a gardé caché pendant des années – mais ils découvriront tout d’abord un appartement datant des années 1960 rempli de pantalons pattes d’éléphants et de chemises à fleurs ! Un panel de personnages interviendra dont Cristina, Mark, Ty et Kit.

La première nouvelle a été lancé hier pour initier le projet. C’est une carte d’Emma pour Cristina. Je vous la traduirai cette semaine.

Voici le lien pour le TumblrSecrets of Blackthorn Hall (tumblr.com)

mardi 18 mai 2021

" La Chambre des Murmures " - Scène de " La Chaîne d'Or " du point de vue de James

« Pour vous remercier tous d’être de grands lecteurs et d’aider « La Chaîne d’Or » à faire si bien dans ses débuts, j’ai décidé de réécrire la scène fameuse de la Chambre des murmures présente dans « La Chaîne d’Or » - mais cette fois-ci du point de vue de James. L’illustration présente provient de Cassandra Jean, comme d’habitude. J’espère que cela vous fera plaisir. » – Cassandra Clare


Cortana tissa ses propres mots, les mettant en valeur chacun grâce à l’acier. Cordelia se tourna vers le goût de l’épée, et son corps serpenta comme de l’eau ou du feu, comme une rivière sous une multitude d’étoiles. C’était beau, elle était magnifique, mais elle n’était pas une beauté lointaine. C’était une beauté qui vivait, respirait et tendait les mains pour écraser la poitrine de James et le laisser à bout de souffle.

James ressentit une émotion étrange quand Daisy monta pour la première fois sur la scène du Hell Ruelle. C’était un mélange de divers sentiments : de l’inquiétude pour elle, de l’ennui face à Kellington, de la curiosité et de l’admiration pour sa bravoure et son équilibre. C’était injuste de la part de ces gens de la forcer à danser, pensa-t-il, mais également insultant pour n’importe quel chasseur d’ombres en général. Il supposa que Matthew leur avait donné une vision assez inhabituelle de ce que les chasseurs d’ombres étaient dans de telles circonstances.

Et puis elle commença à danser. Et soudain, elle n’était plus Daisy, son amie d’enfance. Elle était Cordelia, dont le nom signifiait cœur et dont les gestes le brûlaient comme du feu. Tous ses soucis finirent par s’effacer de son esprit. Il n’était conscient que de Cordelia, qui tournait sur elle-même en traversant la petite scène. Cortana dansait autour d’elle, brillant comme des braises. La lueur opaque des lampes éclairait son corps, la décrivant à chaque mouvement, chaque courbe pendant qu’elle dansait. Ses cheveux écarlates volaient autour d’elle sur le rythme de la musique, et la lumière dorée des lampes glissaient sur sa peau, lentes et chaudes, comme des gouttes de miel. La cadence de sa voix, montante et décroissante, semblait tisser une cage autour de son public, et James ne faisait pas exception.

Plus tard, James pensera étrange le fait de ne pas l’avoir comparé à Grace. Il n’avait à aucun moment pensé à Grace. Cordelia dansa et, à la fin de sa représentation, toute la vie de James avait été démontée et recomposée sous une forme nouvelle et différente. Il était conscient de la présence de Matthieu à côté de lui, regardant aussi Cordelia pendant que le public l’applaudissait elle. Cordelia rougissait.  James ne pouvait pas lui en vouloir.

Cordelia descendit de la scène et se faufila dans la foule pour les retrouver, rougissant sous les regards et les commentaires murmurés par les personnes du public. James pouvait voir le désir dans les yeux des personnes qui la suivaient. Tout le monde la voulait. Il sentait une rage sourde. Ils n’avaient aucun droit. Ils ne connaissaient pas Cordelia. Elle était tellement plus que ce qu’elle leur a montré avec cette danse.

Quand elle fut à leur hauteur, elle laissa échapper un long soupir de soulagement et sourit. Elle brillait avec l’exercice de la danse. Des gouttes de transpiration coulait le long de sa clavicule, brillaient entre ses seins. Ses yeux brillaient comme la lame de Cortana, attachée à son dos.

« Bon sang ! » s’exclama Matthew « C’était quoi ça ? »

Cordelia les regarda d’un air peu sûre d’elle. James répondit : « C’était un conte de fées, Math », et Matthew hocha la tête. Ses yeux vert foncé cherchaient le visage de Cordelia, comme s’il cherchait la clé d’une pièce verrouillée qu’il venait de découvrir.

Cordelia semblait en manque de confiance. James ne pouvait le supporter. Elle était magnifique ; elle devrait le savoir. Mais il ne pouvait pas lui dire ça. Ça l’embarrasserait.

« Très bien, Cordelia. » dit James à la place tout en décroisant ses bras car son poignet lui faisait mal et il se demanda s’il n’était pas en train de serrer ses mains.

Cordelia. Il ne l’avait pas appelée Daisy, et elle semblait un peu surprise. Ça semblait inapproprié, d’une façon ou d’une autre. Daisy était l’amie de Lucie, la compatriote des Merry Thieves ; il lui avait trouvé un surnom qui lui allait comme un gant. Cependant Cordelia – est une reine, fille de l’air, souverraine de Grande-Bretagne avant que les Romains n’atteignent ces plages. Comme Boadicea, une reine guerrière légendaire. Un feu blanc brûlant derrière les yeux noirs insoudables.

« Anna s’est éclipsée avec Hypatia » a déclaré James, en regardant le canapé vide - « Alors je considère notre distraction comme un succès. »

Les lèvres de Cordelia se tordirent d’un sourire -  « Combien de temps Anna a besoin pour séduire ? »

« Cela dépend si elle le fait bien » déclare Matthew, avec un clin d’œil. James sentit une étincelle de soulagement, un peu de légèreté au milieu du sentiment que quelque chose de lourd était assis sur sa poitrine.

« Eh bien, j’espère que, pour le bien d’être d’Hypatia, Anna le fait correctement » dit James. Il enregistra à l’aide de ses réflexes de parabatai que Matthew était toujours à côté de lui, et se demandait ce qui n’allait pas – « Cependant, pour notre bien, ça serait bien qu’elle se dépêche »

D’un ton qui sort de l’ordinaire, Matthew leur dit – « Vous deux, écoutez ! »

Est-ce que Matthew leur demandait d’écouter toutes les voix basses qui parlaient des chasseurs d’ombres ? Est-ce qu’il s’en rendait compte que maintenant ? Pourtant ces murmures les suivaient depuis qu’ils sont entrés en scène. Mais quand James suivit le regard de Matthew, il aperçut Kellington les regardant avec une expression de honte, non pas eux mais la porte. Il trouva sa réponse en voyant Charles Fairchild franchir la porte et regarder autour de lui d’un regard suspicieux. Il semblait prêt à envahir l’endroit, et mettre fin à l’entende qu’avait réussi à mettre en place Matthew et Anna avec le monde obscur.

Matthieu écarquilla les yeux « Charles » soupira-t-il - « Par l’ange, qu’est-ce qu’il fait ici ? »

James pensa que Charles était surement à leur recherche. Il faisait son chemin dans la foule et regardait autour de lui. Heureusement pour eux, la foule n’était pas intéressée par l’idée de le laisser passer et il se déplaçait donc très lentement.

« Nous devrions y aller » déclara James - « Mais nous ne pouvons pas partir sans Anna. »

D’une certaine façon, l’arrivée de Charles leur a été utile ; comme un seau d’eau froide lancé dans cette chaleur tonitruante qui a saisi le cœur de James depuis que Cordelia a commencé sa danse. Retour sur la raison de leur présence ici : un démon, un Pyxis, un plan.

« Vous deux, courrez et allez-vous cacher » leur dit Matthew toujours en train de fixer son frère des yeux – « Charles deviendra fou s’il te voit ici ! »

« Mais qu’en est-il de toi Matthew ? » demanda Cordelia

Matthieu haussa les épaules, mais James pouvait voir la tension dans sa mâchoire et ses épaules - « Il a l’habitude de ce genre de chose avec moi. Je vais m’occuper de Charles. »

Ce n’était pas la première fois que James souhaitait que son parabatai ne soit pas si pressé de sacrifier sa propre réputation. Il échangea un long regard avec Matthew, mais Matthew sembla déterminé et sûr de lui ; et son désir de sacrifier sa propre réputation était un problème qu’il devra attendre. Hochant la tête, James se retourna et prit la main de Cordelia. « Vient » lui dit-il et elle acquiesça. Alors qu’il les conduisait dans la foule, il entendit la voix de Matthew crier « Charles ! » sur un ton cordial avec une intonation agréable, quoiqu’entièrement fausse.

James ne savait pas où aller et la foule lui rendait l’orientation entre plus difficile, mais après quelques essais et erreurs, lui et Cordelia réussirent à passer derrière Kellington et a emprunter le couloir qui les conduisait plus loin. L’endroit n’était pas vraiment sûr car depuis le hall principal, il était possible d’avoir une vue claire sur tout le couloir. En fait, ils étaient encore plus exposés qu’avant et l’espoir de James que le couloir soit une bonne échappatoire avec la présence d’une grande statut qui aurait pu les cacher, fut rapidement détruite. Il continua à marcher, toujours en tenant la main de Cordelia, non pas qu’il en avait besoin car elle semblait connaître le chemin mieux que lui.

Au milieu du couloir, James repéra une porte ouverte – avec un panneau argent indiquant l’entrée dans la Salle des Murmures. Rapidement, il poussa Cordelia à l’intérieur, hors de vue des autres. Il claqua la porte derrière eux, ce qui fit du bruit, mais pour lui la foule présente dans le hall principal ne les avait pas entendus. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il libéra la main de Cordelia et regarda les environs.

La chambre était faiblement éclairée, mais pas froide pour autant : un feu parfumé brûlait dans la cheminée, remplissant l’espace de l’odeur du bois de santal et des roses. Il supposa qu’il s’agissait d’une salle d’étude en voyant le gigantesque bureau en bois appuyé contre le mur et les étagères, mais tout était richement décorée pour être juste un lieu de contemplation studieuse. Plumes de Phoenix et écailles de dragon illustraient le papier peint de couleur or ; il n’y avait pas de fenêtres, mais les murs étaient décorés de tapisseries à motifs, le sol recouvert d’un tapis si épais que James sentit ses bottes s’enfoncer alors qu’il se déplaçait plus loin dans la pièce.

Cordelia se colla au mur à côté de la porte. Ses yeux étaient fermés et elle respirait profondément, se calmant. Cortana brillait d’or sur son épaule ; la lumière du feu brillait comme un or plus profond dans sa peau, qui semblait accepter et garder sa chaleur. James plia les doigts dans la paume de sa main.

Il voulait la toucher. Il se retourna, faisant semblant de regarder les livres sur le mur. À toute autre occasion, il aurait été fasciné par les titres. Maintenant, ils semblaient sans importance. Il aurait pu jurer qu’il entendait son propre cœur battre. Il dit à Cordelia : « Où as-tu appris à danser comme ça ? » Il fut surpris de la dureté de sa propre voix.

Son regard se tourna vers Cordelia quand elle ouvrit les yeux et haussa les épaules. Il y avait quelque chose de magique dans la robe qu’elle portait : elle suivait la forme de son propre corps au lieu de la forme d’un corset. Elle glissait doucement contre sa peau alors qu’elle bougeait, tout comme ses cheveux auburn qui chatouillaient la peau nue de sa gorge et de ses épaules. « J’avais un professeur de danse à Paris. Ma mère croyait que l’apprentissage de la danse aidait à apporter la grâce au combat. »

Le mot « grâce » perça le cœur de James comme un poignard de glace. Il ne pouvait pas imaginer Grace à ce moment précis, c’était vrai ; il ne pouvait pas voir son visage. Il avait donné son cœur à Grace – c’était un fait immuable, quelque chose qu’il savait comme il savait que deux plus deux faisaient quatre. Mais il a dû admettre qu’à ce moment-là son cœur ne se sentait pas pris. On aurait dit une machine palpitante à l’intérieur de sa poitrine, pompant du sang et de la chaleur.

« Cette danse » ajouta Cordelia d’un geste doux de la bouche qui frappa James comme un coup à l’estomac – « Elle a été interdit d’enseignement aux femmes célibataires. Mais mon professeur de danse ne s’en souciait pas. »

« Eh bien » dit James en gardant sa voix stable avec l’habitude du contrôle – « Merci à l’Ange que tu étais là. Matthew et moi n’aurions certainement pas pu faire cette danse seuls. »

Cordelia s’éloigna de lui, un sourire sur son visage, comme si elle voulait se cacher. Elle traîna sa main le long de la table d’Hypatia. À un bout de la table, il y avait un tas de papiers attachés par un grand bol en cuivre contenant des fruits, et elle leva la main vers le bol.

James a peut-être été distrait par la capacité de Cordelia d’être distrayante qu’il ne connaissait pas avant, mais il était toujours un chasseur d’ombres. « Soie prudente » lui dit-il avec avertissement dans la voix – « Je pense qu’il s’agit de nourritures féériques. Cette nourriture n’a aucun effet sur les sorciers - pas d’effet magique, au moins. Mais chez l’homme oui... »

Cordelia retira sa main comme si elle venait de se faire mordre – « Je ne serai certainement pas blessée si je n’en mange pas. »

« Oh, non. Mais je connais des personnes qui en ont goûté et m’ont dit que plus on en mangeait, plus on en voulait et plus on souffrait quand… on ne pouvait plus en avoir. »

Cordelia le regardait maintenant, et bien qu’il ait été nécessaire de recueillir beaucoup de courage, il la regarda à son tour. Dans ses yeux sombres, les flammes argentées et bleues de la cheminée dansaient. James ne pouvait pas reprendre son souffle. Il n’avait jamais ressenti ça avant, cet essoufflement. C’était douloureux, comme une sensation douche et à la fois tranchante. Comme lécher du miel sur un couteau. Il dit, à voix basse : « Et pourtant, j’ai toujours pensé ... ne pas connaître le goût de quelque chose peut-il être considéré comme une nouvelle forme de torture ? La torture était de pouvoir seulement l’imaginer ?

Quelqu’un tenta d’ouvrir la porte brusquement, faisant un bruit qui fit tourner la tête de Cordelia. La poignée de la porte commença à tourner. Cordelia pâlit - « Nous ne devrions pas être ici »

Le monde de James se résumait à ceci : Cordelia était là, elle était avec lui et elle avait l’air effrayée. Il ferait n’importe quoi pour faire stopper cela. Il l’a pris dans ses bras, et le soulagement était incroyable – il ne se rendait pas compte à quel point il voulait la toucher jusqu’à ce qu’il le fasse. Jusqu’à ce qu’il l’étreigne, et sa force, sa chaleur et sa douceur furent mis en avant, et son visage était si beau qu’il lui faisait mal, et ses lèvres se séparèrent par surprise et sans autre pensée, il les embrassa.

Il pouvait sentir avec ses mains la forme de son corps comment il l’inspirait, unie dans le bas de son dos. Elle arqua son dos mais ne recula ni ne s’en alla – il pensait qu’il serait mort si elle l’avait fait – elle se pencha vers lui, ses lèvres charnues s’ouvrant sur les siennes. Elle l’embrassait. Elle avait le goût du miel, sentait le jasmin et la fumée. Sa main glissa sur sa joue chaude et dans la douce chute de ses cheveux.

Le temps semblait s’être arrêté.

Les bras de Cordelia étaient autour de son cou. Sa bouche luxuriante s’ouvrit un peu contre la sienne, et le baiser s’approfondit. Il déplaça sa main à l’arrière de sa tête pour la rapprocher. Ses dents frottaient contre sa lèvre inférieure, et il ne pouvait pas s’en empêcher ; il gémit et la sentit trembler contre lui.

De très loin, il entendit un rire et une porte se fermer d’un doux clic. Tout cela avait été planifié comme un stratagème, pour donner illusion à ceux qui essayaient d’entrer dans la chambre des murmures. Probablement quelqu’un de la foule, probablement des créatures obscures, qui s’étaient échappés pour un rendez-vous clandestin.

La ruse ayant marché, James s’éloigna de Cordelia avec un profond regret. Sa main, chaude, douce et merveilleuse, était sur son cou; ses doigts caressaient sa pâle cicatrice. Ses yeux étaient fixés à hauteur sur ses épaules. Il pouvait s’entendre dire son nom – « Daisy, ma Daisy » - et au lieu de répondre, elle murmura : « Je pense que d’autres gens arrivent »

Il savait que ce n’était pas vrai mais il s’en fichait. Il savait ce qu’elle disait : qu’elle demandait et donnait la permission en même temps. Tout au long de sa vie, James s’est battu pour le contrôle : le contrôle de sa chute soudaine dans l’ombre, le contrôle sur le monde obscur qu’il pouvait voir et qui était invisible pour tout le monde. Il avait travaillé et combattu pour garder le contrôle tous les jours, et pour la première fois depuis qu’il se souvenait, il avait abandonné tout contrôle.

En un instant, les murs qu’il a érigés s’écroulèrent tandis qu’il ramenait Cordelia vers lui. Il gémit contre sa bouche, ses mains glissant sur la soie de sa robe, le satin chaud de sa peau. Il défit la ceinture qui attachait Cortana, se débarrassa d’elle d’une manière la plus soigneuse possible, enfin il l’espérait - et se laissa tomber à nouveau dans ce délire.

Il ne se demanda pas pourquoi il n’avait jamais ressenti un tel besoin avant. Il ne pouvait pas. Il s’y perdit, la courbe de sa taille, le contour arrondi de ses hanches, la montée et la chute de sa poitrine alors qu’elle s’arqua. Ils s’embrassèrent sauvagement : ils croyaient être appuyé contre la table, Cordelia contre elle.

Son corps se pencha en arrière dans un arc impossible, ses mains appuyées derrière elles pour se retenir. Ses yeux étaient à moitié fermés, sa tête penchée en arrière, révélant la gorge nue. Il y pressa ses lèvres, provoquant par surprise un soupir de plaisir.

Ses mains passèrent à travers le tissu élégant de sa robe - il pouvait sentir la chaleur de sa peau à travers elle - de la taille à l’encolure de sa robe. Ses paumes suivirent ses courbes jusqu’à ce que ses doigts pressèrent sa peau bronzée nue juste au-dessus de l’encolure de la robe. Elle était élégante, douce et chaleureuse à la fois, comme rien d’autre qu’il n’avait jamais touché. Il l’entendit gémir ; elle disait son nom, et son cœur battait au même rythme que ses paroles : « James, James, Jamie, s’il te plaît. »

Le « s’il te plaît » le défia, il tira sur sa veste, et attrapa Cordelia par la taille la soulevant jusqu’à ce qu’elle s’asseoit sur le bord de la table. Sa robe relevée au niveau des genoux, ses cuisses, pendant qu’elle tenait sa chemise et l’embrassait. Sa bouche allait à l’encontre de la sienne, chaude et exigeante, alors même qu’il se pensait sur la table contre elle. Elle lui tendit les bras et il se pencha sur elle, soutenant son poids d’une main au-dessus de sa tête.

Il s’arrêta, juste pour un moment, pour la regarder. Ses cheveux écarlates étalés sur la table, ses yeux brillants, ses lèvres rouges charnues tellement gonfler à force de l’embrasser. Il prit doucement son corps contre lui, ses jambes de chaque côté de ses hanches, sa jupe pliée presque au niveau de sa taille. Elle souleva ses longues jambes nues autour de lui et il frissonna. Ce qu’il y avait en lui, ce qu’il voulait, était très insistant, comme une force encore inconnue pour lui. Un désir comme des fils chauds dans son sang, la douleur agréable d’un désir insupportable qui l’a amené à l’embrasser à nouveau, à l’embrasser avec plus de force. Elle enroula ses mains dans ces cheveux, le tirant pendant qu’il embrassait ces seins, passant la langue sur la peau sensible jusqu’à ce qu’elle pousse discrètement un cri et s’accroche à lui d’une manière désespérée.

Il fonça vers elle et l’embrassa chaudement, profondément et fortement. Elle arqua pour recevoir ce nouveau baiser, son souffle haletant. Il la sentit à travers le tissu fin de sa chemise : la chaleur de celui-ci, le renflement de ses seins contre sa poitrine, ses mains caressant sa poitrine.

Ses mains adoraient la toucher de la même façon, pour découvrir ce qu’elle aimait, ce qui lui faisait perdre la tête, et pour le faire encore et encore... Il n’avait jamais vécu ça. Il avait déjà connu le désir ; puis il se souvint, enfin il croyait. Il s’avère qu’il était entré dans une flaque d’eau en pensant que c’était la mer. Pendant que Cordelia bougeait dans ses bras, comme ses lèvres, il comprit la profondeur de désirer que cela ne soit pas juste son imagination, que c’était plus que du désespoir, de la joie, du désir et d’être désiré en retour. C’était un rêve fiévreux, ses mains glissant sous le satin lourd de ses jupes, le goût salé de sa peau, les sons doux de son plaisir comme elle le ramena vers lui, le tirant vers l’avant, la table semblant tourner sous eux.

Il entendit, comme s’il était à une grande distance, le bruit de l’ouverture de la porte. Il leva la tête et vit une silhouette blonde près de la porte. Le froid lui traversait les veines. Cordelia se raidit, commençant à lutter pour s’asseoir. « Non » pensait-il, mais il ne pouvait pas l’arrêter, il ne pouvait pas lui en vouloir. Tout - quoi que ce soit - était fini.

Il glissa de la table. La fièvre s’est déjà estompée, ce sentiment – la liberté glorieuse du fardeau de sa propre volonté – s’était estompée. S’accrochant à son contrôle, il l’enveloppa, avec l’aide de son manteau, se tournant pour regarder calmement son parabatai.

« James » dit Matthew.

 

dimanche 16 mai 2021

Playlist pour "La Chaîne d'Or"

 Salut tout le monde !

Avec la sortie de chacun de ses livres, Cassandra Clare aime publier une playlist avec les musiques qui l'a aidé à écrire l'histoire et qui lui font penser personnellement à certains personnages.

J'ai décidé de vous publié ces différentes playlist avec la traduction de ces posts, tout en commençant par celle de "La Chaîne d'Or". J'espère que cela vous plaira.


Voici la traduction du message de Cassandra Clare qui accompagnait la playlist pour « La Chaîne d’or »

J’ai mis du temps à faire la playlist de « La Chaîne d’or » car je voulais rajouter à quel personnage vous pouviez penser en les écoutant, en cas d’envie. Voici les musiques dont je me souviens, même si beaucoup de fois je les écoute selon mon humeur ou sentiment du moment – tristesse, énergie, rage, etc.

 

Earth Not Above — HAELOS (Cela peut concerner les personnages qui ont besoin d’être pardonné ! Alastair, Matthew mais aussi Grace)

« Un soleil de la terre dévastée, nous appelant

De retour à la maison

Les ombres nous guideront

Elles nous montreront ce qui est vrai »

 

Palace — Matthew and the Atlas

« J’ai vu le démon dans la nuit

La forme de celui-ci recouvre la lumière

Les plumes touchent la peau

Quand personne d’autres ne vous laisseraient rentrer »

 

Broken — lovelytheband (Définitivement cette musique me fait penser à Matthew, mais aussi à Thomas… et aux Blackthorns…)

« La vie n’est pas une chanson d’amour que l’on apprécie

Nous sommes tous des morceaux brisés qui flottent

La vie n’est pas une chanson d’amour, nous pouvons essayer

De fixer nos morceaux brisés un par un »

 

Burn the House Down — AJR (Cette musique correspond parfaitement au chapitre 21 « Brûler »)


Walking with a Ghost — Tegan and Sarah (Lucie e Jesse)

 

My Body is a Cage — Arcade Fire (Cette musique me rappelle James, pris dans une situation dans laquelle il ne ressent pas ce qu’il pense réellement ressentir)

« Mon corps est une cage qui m’empêche

De danser avec celle que j’aime

Mais mon esprit détient la clé »

 

Lord Huron — She Lit A Fire (Cette musique me fait penser à Cordelia, James, et à leur danse emblématique !)

« J’ai déjà traversé le désert et j’ai déjà traversé la mer

J’ai déjà marché à travers les montagnes et erré entre les arbres pour elle

J’ai essayé de la retrouver pour lui donner ce que j’ai

Elle a allumé un feu, et maintenant elle est dans toutes mes pensées »

 

Hole – Awful (Matthew)

« Bouge doucement, mon cœur

Oui, c’est affreux

Il boit, il a le goût d’un bonbon

Il est si beau »

 

Untouchable Face – Ani diFranco (Une musique magnifique sur la brutalité d’un amour non partagé. Définitivement Cordélia)

« Dis-moi la vérité, je préfère le pire de toi

Dommage que tu n’aies pas une meilleure moitié

Mais je pense qu’elle n’est réellement pas mon genre

Mais je déteste le dire mais je pense que vous êtes parfait ensemble

Alors va te faire foutre

Toi et ton visage intouchable

Va te faire foutre

De tenir la première place »

 

Total Disaster – Rhett Miller (Clairement sur Alastair, et peut-être aussi Matthew …)

« Si tu choisis de rester à mes côtés

Tu dois entendre que j’ai mes propres failles

Te sentir libre de partir à n’importe quel moment

Dieu sait que je te donnerai des raisons pour le faire »

 

Heads Gonna Roll – Jenny Lewis (Pour les « Merry Thieves » (c’est le nom donné au groupe composé de James, Matthew, Christopher et Thomas))

« Même si nous sommes que des amis

Je pense à nous comme des supports de livres

Et je t’aimerai jusqu’à ma mort »

 

Daniel – Bat for Lashes (Anna et Ariadne)

« Mais dans un lit d’adieu

Avec mes bras autour de ton cou

Notre amour se transforme en larmes

A peine pris au cœur de la tempête »

 

High Enough – K Flay (Matthew…)

« N’essaye pas de me donner de l’eau froide

Je ne veux pas dessoûler

Tout ce que je vois, c’est la journée de demain

Oh, les étoiles ont été faites que pour nous »

 

Contagious – Night Riots (Encore à ce jour je ne suis pas certaine d’avoir bien choisi le bon moment pour lancer un livre qui parle de quarantaine)

« Je suis contagieux, je suis effondré

Je ne suis rien, je ne suis la faute de personne

Je suis contagieux, je suis pris par les mensonges

Chair de mes propres parents, je ne suis la faute de personne »


P.S Voici le lien vers la playlist sur la plateforme Spotify : https://open.spotify.com/playlist/159FK776aTadVuBCgJU9W0?utm_source=embed_v2&go=1&play=1&nd=1



samedi 16 janvier 2021

"La Promesse de Magnus" - Scène inédite de la Cité des Ténèbres


LA PROMESSE DE MAGNUS

« La promesse de Magnus est un texte inédit qui est sorti comme extra dans le livre L’Ange mécanique dans sa version anglaise. » – Cassandra Clare

Magnus Bane était allongé sur le sol de son loft de Brooklyn, en train de regarder son plafond. Le sol était légèrement collant, comme quasiment partout dans l’appartement. Du vin de fée mélangé avec du sang versé sur le sol coulait comme un ruisseau le long du plancher. Le bar, qui était constitué d’une porte appuyée sur deux poubelles métalliques, avait été abimé à un moment donné dans la nuit lors d’une lutte vigoureuse entre un vampire et Bat, l’un des loups-garous de la meute de la ville. Magnus se sentait satisfait. Ce n’était pas une bonne fête à moins que quelque chose ne soit cassé.

Des pas légers résonnaient sur le sol et venaient dans sa direction et il sentit sa poitrine se serrer : quelque chose de petit, doux et lourd. Il leva les yeux et se trouva à regarder une paire de grands yeux vert doré qui ressemblaient aux siens. Président Meow. Il caressa le chat, qui glissa joyeusement ses griffes dans la chemise de Magnus. Quelques confettis tombèrent du plafond et atterrirent sur eux deux, provoquant un saut sur le côté du président Meow. Avec un bâillement, Magnus s’assit. Il se sentait souvent comme ça après une fête - fatigué, mais de trop pour réussir à s’endormir. Son esprit allait sur les événements de la nuit, mais, comme un CD rayé, il n’arrêtait pas de revenir au même souvenir.

Ces enfants chasseurs d’ombres. Il n’a pas été surpris que Clarissa l’ait finalement retrouvé. Il savait que les sorts pour bloquer ses souvenirs ne marcheraient pas éternellement. Il avait expliqué cela à Jocelyn, mais elle était déterminée à protéger sa fille aussi longtemps qu’elle le pouvait. Maintenant qu’il l’avait connue, consciente et alerte, il se demandait si elle avait vraiment besoin de toute cette protection. Elle était ardente, impulsive, courageuse – et chanceuse, comme sa mère. Cela, c’est si on croyait en la chance. Mais quelque chose a dû la guider vers les chasseurs d’ombres de l’Institut, peut-être les seuls qui pourraient la protéger de Valentin. Dommage que Maryse et Robert soient absents. Il avait conclu des marchés avec Maryse plus d’une fois, mais cela faisait des années.

Il avait un vague souvenir d’une visite qu’il avait faite à Maryse et à Hodge où il y avait deux garçons dans le couloir, âgé d’environ onze ans, s’entraînant au combat avec des poignards séraphiques inoffensifs. Une fille avec des cheveux noirs regroupés en deux tresses les regardait faire et se plaignait de ne pas pouvoir s’entraîner avec eux. Il les avait à peine remarqués à l’époque.

Mais maintenant – les voir l’avait secoué, en particulier les garçons, Jace et Alec. Lorsqu’on a tant de souvenirs, il est parfois difficile d’identifier celui qu’on cherche exactement, c’est comme feuilleter un livre de 10 000 pages pour trouver le bon paragraphe.

Cette fois, cependant, il savait.

Il s’agenouilla pour ouvrir la porte du placard. À l’intérieur, il mis de côté les vêtements et divers paquets et potions, tâtonnant à la recherche de ce qu’il voulait. Quand il eut fini, il sorti, tout en toussant, un grand coffre. Bien qu’il ait vécu longtemps, il avait tendance à voyager léger : gardant très peu de souvenirs de son passé. Il sentait en quelque sorte que tous ces souvenirs l’épuisaient et l’empêchaient d’aller de l’avant. Quand tu vivais éternellement, tu ne pouvais passer qu’un certain temps à regarder en arrière.

Cela fait si longtemps qu’il n’avait pas déverrouillé ce coffre qui s’ouvrit en grinçant ce qui fit glisser le président Meow sur le canapé, sa queue en spasmes. Les objets empilés à l’intérieur du coffre ressemblaient au trésor d’un méchant dragon. Certains objets brillaient de métal et de pierres précieuses – Magnus sortit une vieille boîte à tabac, dont les initiales WS étaient écrites sur le dessus en rubis chatoyants, et sourit au mauvais goût de la chose, et aussi aux souvenirs que cela lui évoquait. D’autres semblaient banals : un ruban en caoutchouc crème délavé qui avait été celui de Camille ; une boîte d’allumettes Cloud Club avec les mots « Je sais ce que vous êtes » écrit à l’intérieur en calligraphie féminine ; un quintette humoristique signé OFOWW; un papier à moitié brûlé du Hong Kong Club – un endroit où il avait été interdit non pas d’être sorcier, mais de ne pas être blanc. Il toucha un morceau de corde tordu presque au fond de la pile et pensa à sa mère. Elle avait été la fille d’un colonialiste néerlandais et d’une indonésienne qui était morte en couche et dont Magnus n’a jamais connu le nom.

 Il avait presque atteint le fond du coffre quand il trouva ce qu’il était venu cherché. Il retira cet objet tout en le regardant : une photographie en noir et blanc monté sur du carton dur. Une photo qui n’aurait pas dû exister, et qui ne l’aurait pas été si Henry n’avait pas été obsédé par la photographie. Magnus se souvenait de lui maintenant, plongeant dans et hors de sa capuche de photographe, courant avec les plaques humides jusqu’à la chambre noire qu’il avait monté dans la crypte pour révéler le film, criant à ses modèles photographiques de rester immobile. C’était l’époque où, pour produire une photographie précise, il fallait rester sans bouger pendant quelques minutes à la fois. « Pas facile », pensait Magnus, le coin de sa bouche se tournant vers le haut, « à l’équipe de l’institut de Londres. » Il y avait Charlotte, ses cheveux foncés. Elle souriait, mais était anxieuse, comme si en regardant le soleil, elle risquait de se brûler. A côté d’elle se trouvait Jessamine dans une robe qui avait l’air noir sur la photo, mais Magnus savait qu’elle était bleu foncé. Ses cheveux formaient des boucles et des rubans tombaient comme des ruisseaux de son chapeau. Elle avait l’air très jolie, mais aussi très malheureuse. Il se demandait comment elle réagirait à quelqu’un comme Isabelle : une fille de son âge qui aimait évidemment chasser les démons, qui affichait ses ecchymoses, ses cicatrices et ses marques comme s’il s’agissait de bijoux plutôt que de les cacher avec de la dentelle Mechlin.

De l’autre côté de Charlotte se trouvait Jem, qui avait l’air d’un négatif photographique de lui-même avec ses cheveux et ses yeux argentés qui sont devenus presque blancs ; sa main reposait sur sa canne de jade où trônait un dragon, et son visage était tourné vers Tessa. Tessa – son chapeau était dans ses mains et ses longues boucles brunes volaient librement, légèrement floues par le mouvement. Il y avait un léger halo de lumière autour de Will : comme c’était le cas dans la réalité ce qui ne surprendrait personne qui l’avait rencontré, il n’avait pas été en mesure de rester immobile pour la photographie. Comme toujours, il ne portait pas de chapeau, ses cheveux noirs se recroquevillaient sur sa tempe. C’était une perte de ne pas pouvoir voir la couleur de ses yeux, mais il était encore beau et jeune et avait l’air un peu vulnérable sur la photo, avec une main dans sa poche et l’autre sur le dos de sa tête.

Cela fait si longtemps que Magnus n’avait pas regardé cette photographie que la ressemblance entre Will et Jace l’a soudainement frappé. Même si c’était Alec qui avait ces cheveux noirs et ces yeux – ce bleu foncé très surprenant – c’était Jace qui semblait avoir la même personnalité de Will, du moins en surface. La même arrogance tranchante qui cache quelque chose de vulnérable en dessous, la même perspicacité vive...

Il contourna le halo de lumière autour de Will d’un doigt et sourit. Will n’avait pas été un ange, mais n’avait pas été aussi défectueux que certains auraient pu le penser. Quand Magnus pensait à Will, même aujourd’hui, il se rappelait de lui dégoulinant d’eau de pluie sur le tapis de Camille, suppliant Magnus de l’aider car personne d’autre ne pouvait lui venir en aide. C’est Will qui lui mis l’idée dans la tête que les chasseurs d’ombres et les créatures obscures pouvaient être amis.

Jem était l’autre moitié de Will, la meilleure. Lui et Will avaient été parabatai, comme Alec et Jace, et partageaient la même proximité évidente. Et même si Alec ne semblait pas semblable à Jem – Alec était agité et doux, sensible et inquiet, tandis que Jem avait été calme, il se mettait rarement en colère et semblait plus âgé que son âge réel – les deux étaient des chasseurs d’ombres particuliers. Alec extériorise une profonde innocence inhabituelle chez les chasseurs d’ombres – une qualité que Magnus dut admettre qui l’attirait comme un papillon de nuit vers une flamme, malgré son propre cynisme.

Magnus regarda à nouveau Tessa. Même si elle n’était pourvue de la même beauté que Jessamine, son visage semblait vivant avec énergie et intelligence. Ses lèvres se pencha vers le haut dans les coins. Elle était, comme Magnus, attachée à Jem et à Will.

Tessa. Tessa, qui, comme Magnus, est éternelle. Magnus regarda le reste des souvenirs de la boîte – des souvenirs d’amours passées, certains dont les visages avaient été avec lui aussi clairs que le jour où il les a vus pour la première fois, et d’autres dont il se souvenait à peine des noms. Tessa, qui comme lui avait aimé un mortel, quelqu’un qui était destiné à mourir alors qu’elle ne l’était pas. Magnus retourna la photo sur son cœur. Il secoua la tête, comme s’il pouvait en dégager les souvenirs. Il y avait une raison pour laquelle il ouvrait jamais la porte à ses souvenirs. Les souvenirs l’épuisaient, lui rappelaient ce qu’il avait eu et ce qu’il avait perdu. Jem, Will, Jessamine, Henry, Charlotte – d’une certaine façon, c’était incroyable qu’il se souvienne encore de leurs noms. Cependant, les rencontrer avait changé sa vie.

Après avoir connu Will et ses amis, Magnus s’était faite la promesse de ne plus jamais se mêler des affaires des chasseurs d’ombres. Parce que quand il en prenait connaissance, il finissait par s’en occuper. Et quand on se souci des mortels, on finit souvent le cœur brisé.

« Et je ne vais pas » - dit-il au président Meow solennellement, peut-être un peu ivre – « Je me fiche de la façon dont ils sont charmants ou courageux ou même comment ils semblent désespérés. Je ne me soucierai plus jamais, jamais, jamais.. ».

Quelqu’un sonna à sa porte. Magnus se leva pour répondre.

vendredi 15 janvier 2021

1ère rencontre de Jace et Clary du point de vue d'Isabelle (Scène extra de "La Cité des Ténèbres" (Anciennement "La Coupe Mortelle)

 " EVEILLE "



1ère rencontre de Jace et Clary du point de vue d'Isabelle. Cassy a divulgué cette scène en décembre 2020 dans la compilation "We Jace you a Clary Christmas"


- « Comment je suis ? »

En train de défilée sur le trottoir chaud à côté du Club du Pandemonium, Isabelle Lightwood se retourna tout doucement vers Jace et Alec.

- « C’est comme si je portais un drap » lui répondit Jace.

Isabelle stoppa et lui lança un regard noir. Alec ricana. Il aimait sa sœur, mais la voir frustrer l’amusait beaucoup.

- « Tais-toi » lui dit Isabelle – « Je suis magnifique »

Elle l’était, bien sûr. Izzy combinait la chasse aux démons avec la mode. Elle portait une robe blanche translucide qui allait parfaitement avec ses bottes — de grandes bottes noires avec des boucles qui couraient sur les côtés. Son pendentif rubis, son héritage Lightwood, pulsait autour de son cou. Elle sortit la lame de sa botte et la pointa en direction de Jace.

- « Tu as besoin d’autres runes ? » lui demanda-t-elle.

- « Je m’en occupe ! » dit Alec – « C’est mieux que ça soit fait par son parabatai »

Jace releva sa manche et tendit son bras. La rue était pleine de gens, la plupart du temps pour faire la queue pour rentrer au Pandemonium. Un agent de sécurité était en train de refuser des personnes, excepté les belles filles et les gars riches et beaux.

La chaleur de l’été était très présente. La lame d’Alec toucha la peau de Jace et sa pointe bougeait de haut en bas, traçant des runes pour le protéger, pour le rendre plus fort, plus rapide, plus léger. La tête d’Alec était baissée, ses cheveux foncés tombaient sur son visage, et il se mordait la lèvre inférieure. Il ressemblait toujours à un adolescent, malgré le fait qu’il ait presque dix-huit ans.

- « Nous pourrions y entrer sans utiliser de charme d’invisibilité ? » demanda Isabelle tout en étirant son cou pour regarder la rue - « La moitié de ces personnes ont plus de tatouages que nous »

- « Mais aucun d’entre eux n’est aussi attirant » Jace ferma partiellement les yeux pendant que la rune clairvoyance faisait effet, puis suivi le regard d’Isabelle. Au milieu de la file d’attende, il eut un flash, quelque chose qui brillait. Des cheveux roux. Une fille aux cheveux roux vif faisait la queue à côté d’un garçon aux cheveux noirs qui faisait des gestes animés.

« Eh bien » ajouta-t-il – « Presque aucun d’entre eux »

Isabelle regarda avec étonnement l’entrée de la boîte de nuit. La jeune fille aux cheveux roux souriait. Jace se demandait si Isabelle l’avait vue. Il y avait quelque chose en elle. C’était comme regarder quelque chose de lumineux. Pas seulement ses cheveux, sa couleur, mais une lumière qui semblait venir de l’intérieur d’elle.

- « Bien repéré » dit Isabelle – « Démon »

Démon ? Elle ne peut pas en être un…

- « Celui avec les cheveux bleus. » lui dit Alec. Jace est surpris de ne pas avoir remarqué le garçon en face de la rouquine dans la file d’attente. Il avait des cheveux bleus coiffés en piques et des piercings au niveau des sourcils - « Eidolon » - Il bougea la tête dans la direction de Jace - « On peut ? »

Jace ne répondit pas sur le moment. Le démon entra dans le club et le vigil arrêta la jeune fille et son ami.

Jace baissa ses manches. Soudain, il pouvait tout sentir : l’air calme et chaud ; le poids de ses armes sur sa ceinture, les gants sur ses poignets. Il détestait l’été, quand la chaleur le tenait éveillé, brûlait sa peau, avalait son souffle. C’est dans des moments comme celui-ci, quand la chasse allait débuter, qu’il ressentait du froid.

L’agent de sécurité s’en alla et la fille entra dans le club, son amie aux cheveux noirs avec elle. Elle regarda en arrière, son petit visage ovale pâle dans la lumière.

- « Jace ? » Alec l’appela à nouveau tout en le regardant avec curiosité - « Tu veux commencer ? » 

- « Oui » lui répondit Jace.

 


À l’intérieur, le club était rempli de fumée. La piste de danse avait des lumières colorées, la transformant en un royaume féerique multicolore de bleu et de vert citron, de rose et d’or.

Jace regarda les personnes quand Isabelle passa à travers la foule comme une ombre blanche parmi les ombres sombres. Il vit les terrestres se retourner lorsqu’elle passa à côté d’eux - « On devrait peut-être se glisser dans la foule ? » demanda Jace à Alec en s’appuyant contre un mur – « Danser ou faire autre chose »

Alec fit une grimace. Alec ne dansait pas. Alec aimait suivre les règles et n’aimait pas avoir l’air ridicule. Il était juste gêné pensa Jace parce qu’Alec était un bon guerrier et que les gens qui savait se battre, savait aussi bien danser. Mais il était presque certain qu’Alec préférerait sortir avec un démon Raum plutôt que de danser en public, alors même qu’il est — techniquement — invisible.

- « Les terrestres dansent » lui dit Alec - « Quoi qu’il en soit, nous devrions garder un œil sur Izzy. »

- « Hmm » Jace regarda autour de lui. On pourrait penser qu’il serait facile de retrouver un garçon aux cheveux bleus, mais pas dans cette foule. La moitié d’entre eux avait les cheveux verts, roses ou oranges. Deux terrestres étaient en train de s’embrasser et les extensions de leurs cheveux se mélangeaient. Il y avait certaines créatures obscures inoffensives comme un garçon féé ayant un sac magique contenant des morceaux de racines féériques et de la poudre magique.  Le DJ était certainement un loup-garou, tout comme la jolie fille aux cheveux bouclés qui dansait toute seule. Elle bouscula dans quelqu’un et grimaça.

C’était la fille aux cheveux roux et son ami. Jace se redressa. La jeune fille avait défait sa queue de cheval et ses cheveux tombaient en cascade sur ses épaules, la couleur d’un coucher de soleil. Elle était en train de danser les yeux fermés. Et Jace sentit quelque chose remuer en lui en la voyant se déplacer de cette manière, comme si elle avait trouvé son propre cercle de paix au milieu du chaos. Elle semblait protégée par quelque chose qu’il ne comprenait pas tout à fait alors qu’il dansait — et qu’il avait vu des gens danser et bouger avec des compétences rares et une grâce incroyable — sans aucun sens du rythme ou de la pratique.

Jace pensait rarement aux terrestres. C’était des personnes qu’il était censé protéger, mais son père ne lui avait jamais appris à les considérer comme autre chose qu’une masse indifférenciée de besoins et de désirs. Un besoin d’être sauvé. Un désir d’ignorance. De ne jamais connaître les ténèbres qui les entouraient, les choses qui se déplaçaient dans les ténèbres.

Il n’avait jamais pensé qu’ils puissent avoir leur propre lumière. Mais la fille aux cheveux roux avait une lumière autour d’elle.

- « Arrête de la fixer ! » lui dit Alec d’une voix répréhensive – « Cette fille. Avec les cheveux roux »

- « Celle qui a un pote avec les cheveux noirs ? » lui demande Jace – « Je ne la fixe pas »

- « Si tu ne la fixais pas, tu ne saurais pas qu’elle est avec un pote qui a les cheveux noirs ! En plus, c’est sûrement son petit ami » lui dit Alec.

- « Non, ce n’est pas son petit ami » répliqua tout de suite Jace, et alors il se rendue compte qu’il n’avait aucune raison de présumer de cela et qu’il ne devrait pas spéculer sur la vie amoureuse des terrestres. Il fit une grimace.

- « Le déni » dit Alec – « Ce n’est pas uniquement un fleuve en Afrique »

- « Egypte » lui dit Jace – « Ce n’est pas seulement un fleuve en Egypte, Alec »

- « C’est vrai » lui dit Alec – « Ce n’est pas seulement un fleuve ici aussi »

Jace se pencha vers son parabatai - « Non, écoute Alec, le Nil est en Egypte » Il soupira et lança un regard perplexe à Alec – « Laisse tomber, la blague est tombée à plat. Tu l’as tué »

- « En parlant de tuer » - Alec mis une main sur l’épaule de Jace, le faisant se tourner pour regarder l’autre côté de la salle. A contrecœur, Jace cessa de regarder la rouquine sur la piste de danse et vit Izzy disparaître dans une salle marquée « Entrée interdite ». Le démon aux cheveux bleus la suivait.

Jace sentit monter l’adrénaline, froide et tranchante ; et il oublia la fille sur la piste de danse et tout le reste pour se concentrer sur la chasse au démon.

- « Je commence » dit Jace.

Isabelle était en train de rire. 

La faible lumière qui illuminait la pièce de rangement venait des grandes fenêtres quadrillées et tachées de saleté. Des piles de câbles électriques, ainsi que de petits morceaux brisés d’un miroir et des bombes de peintures étaient entassés sur le sol. A côté de tout ça se trouvait le corps du démon aux cheveux bleus, dont la cheville était prise par le fouet d’Isabelle.

Jace s’approcha du démon et le traîna sur le sol puis le plaqua contre un mur de béton. Alec, qui ne perdit pas de temps, avait récupéré un fil électrique et était en train d’attacher les mains de l’Eidolon. La satisfaction traversait les muscles de Jace : il se mit face au démon et il put voir le charme disparaître et ainsi voir son vrai visage : un être pervers et diabolique.

Parfois, en regardant dans les yeux d’un démon, Jace espérait apercevoir d’autres mondes : des mondes disparus que les démons avaient détruits. Rivières de lave et de sables brûlés comme du verre fendu.

- « Chasseur d’ombres » dit le démon.

Comme avec n’importe quel démon, Jace senti le scintillement de quelque chose – l’ennui ? – alors il prit son poignard séraphique. Tous les démons sont pareils, en tout cas tous ceux qui peuvent parler. Ils aiment bavardés. Ils aiment dire savoir où se cache Valentin. Ils proposent d’offrir de l’or et des bijoux. Un démon a même proposé une fois de leur offrir des filles dénudées en train de danser. Cette fois-ci, Jace a presque pris en compte cette offre en considération. C’était vraiment un samedi ennuyeux.

Et puis la sensation d’ennui de Jace explosa en un million de morceaux quand la fille aux cheveux roux sortie de derrière un mur et cria « Arrêtez ! Vous ne pouvez pas faire ça ! »

C’est comme si le sol s’effondrait sous Jace. Il se rendit à peine compte que son poignard était tombé par terre.

Les terrestres ne voyaient pas les chasseurs d’ombres. Ils ne les suivaient certainement pas, et n’apparaissaient certainement pas de nulle part, semblant effrayés mais déterminés à défendre la vie des démons.

- « Qu’est-ce que c’est ? » demanda Alec perplexe.

- « C’est une fille » lui répond Jace. Il se déplaça à côté de la fille rousse, qui s’était arrêté, les pieds écartés et les mains sur sa taille, manifestement elle n’avait pas l’intention de se laisser effrayer. Il avait vaguement conscience de sa chemise ample, déboutonnée sur un débardeur, de son pouls qui pulsait sur sa gorge et de l’accélération de sa respiration. « Une terrestre » dit-il. C’est sûr et certain, ce n’est pas un démon. Sa peau était légèrement marquée de taches de rousseur, et ses yeux verts étaient mélange à de l’or. « Et elle peut nous voir ! »

- « Bien-sûr que je peux vous voir ! » - Elle perdit patience - « Je ne suis pas aveugle »

Derrière Jace, le démon poussa un sifflement. Le sort lui donnant une apparence humaine était en train de disparaître, et son vrai visage apparaissait. Il souriait, sûrement amusé à l’idée d’être défendu par une terrestre.

- « Oui, tu l’es » murmura Jace en ramassant son poignard – « Mais tu ne sais pas »

Il regarda Alec et Isabelle. Tuer un démon devant un terrestre, à moins qu’il n’ait une menace immédiate, n’est pas quelque chose qu’ils ont le droit de faire. Les terrestres ne doivent pas connaître l’existence des démons. Pour la première fois de sa vie, Jace ne voyait pas de porte de sortie. Ils ne pouvaient pas laisser la fille avec l’Eidolon ; il la tuerait. Et s’ils laissaient partir l’Eidelon, il s’échapperait et tuerait quelqu’un d’autre. Mais s’ils le tuaient devant la terrestre, ils seraient exposés.

- « Fait quelque chose » lui murmura Alec – « Frappe-là à la tête avec quelque chose… »

- « Va-t’en » dit Jace à la fille – « Sortir d’ici est la meilleure chose à faire pour toi »

Mais il la vit rester sur place et il pouvait lire dans ses yeux qu’elle ne bougerait pas.

- « Je n’irai nulle part » lui répondit la fille – « Si je pars, tu le tueras ! »

Jace dut admettre que c’était vrai - « Qu’est-ce que cela peut bien te faire ? » - Il dirigea son couteau vers le démon – « Ce n’est pas une personne humaine, petite fille. Il ressemble à un humain, peut parler et saigner comme un humain. Mais c’est un monstre »

- « Jace ! » - Les yeux d’Isabelle brillaient. Ils étaient profonds, noirs et en colères. Isabelle n’a jamais été autant en colère que dans les moments où Jace était en difficulté et se mettait en danger. Et là ils risquaient les deux. Enfreindre la loi – parler du combat des chasseurs d’ombre à des terrestres – et le pire c’est que cela semblait l’amuser. Quelque chose à propos de cette fille, ses cheveux roux orageux et ses yeux verts, lui donnait l’impression que ses veines étaient pleines de poudre à canon et que cette fille était la boîte d’allumettes prête à tout faire exploser.

Comme si, si elle le touchait, il allait exploser. Mais bon, il adorait les explosions.

Alec disait quelque chose, alors que la fille parlait. Jace les regardait tous les deux. Il entendit Alec l’appeler, puis le démon s’échapper de sa prison.

Il vit la jeune fille rousse trébucher et tomber en une vague de panique. C’était était suffisant pour le distraire et permettre à l’Eidolon de s’enfuir. Ils roulèrent sur le sol ensemble. La douleur traversa la peau de Jace lorsque les griffes du démon s’y enfonça. Isabelle courut à ses côtés avec son fouet ; Alec glissa à ses côtés avec son poignard à la main, et Jace se releva et repris son poignard en le jetant dans la poitrine du métamorphe.

Il était alors reconnaissant que la fille ait trébuchée, car ainsi elle ne voyait pas le visage du démon fondre, montrant un visage rempli d’insectes et accompagné d’une douzaine de yeux rouges. Ainsi, elle ne pouvait pas avoir peur.

Jace recula et trébucha sur ses pieds. Il sentit Alec derrière lui, inquiet, ses mains sur le bras de Jace. Il y avait du sang sur l’avant-bras de Jace à l’endroit où les griffes de l’Eidolon l’avaient blessé. Les yeux bleus d’Alec étaient remplis de panique.

- « Tout va bien » lui murmura Jace – « Je vais bien, pas de stèle, pas devant elle »

- « Mais tu es blessé ? » lui dit Alec d’un air incrédule

- « Je vais m’en sortir »

Jace entendit un cri et se retourna pour voir Isabelle debout en face de la terrestre avec son fouet autour du poignet de cette dernière – « Sale stupide terrestre » - lui dit Izzy – « Tu aurais pu causer la mort de Jace »

Les yeux de la jeune fille se posèrent sur Jace.

Elle ne semblait pas avoir peur. Le fouet l’avait clairement blessé et elle était clairement choquée et en colère. Mais elle n’avait pas peur.

- « Laisse-la partir » - Jace parla d’une voix douce. Il n’avait pas l’intention de parler doucement ou gentiment. Il prit le même ton qu’un petit garçon prenait pour réconforter un oiseau, en lui parlant doucement, l’apprivoisant, lui caressant les ailes. Une époque où la bonté n’était pas une tare et l’amour n’était pas synonyme de destruction.

C’était un souvenir qui lui tenait à cœur.

Il n’avait aucune raison de regarder cette fille, avec ses cheveux roux sauvage et ses yeux brillants et de penser à la maison. Mais il le fit.

Isabelle la lâcha, le fouet retrouva sa place. Le poignet de la fille saignait, mais elle refusa de le regarder. Alec disait qu’il fallait l’emmener à l’Institut, la présenter à Hodge, mais Jace le dépassa et se plaça à côté de la terrestre. Il ne pouvait s’en empêcher. Il avait l’impression que s’il pouvait s’approcher d’elle, il comprendrait ce qui était en train de se passer.

Son sang courrait dans ses veines. La pièce était sombre, mais paraissait éclairé à certain moment. Les voix d’Alec et Isabelle étaient fortes. Il lui parla, couvrant ainsi leur voix : « Tu as déjà eu affaire à des démons, petite fille ? Côtoyer des sorciers ? Discuter avec les enfants de la nuit ? As-tu déjà… »

Elle leva le menton. Ses poings serrés le long de son corps. Jace fut surpris en se rendant compte à quel point elle était petite. Il pourrait la soulever comme une poupée. « Je ne m’appelle pas Petite fille » lui dit-elle.

- « Désolée » lui dit Jace

Il était gelé. Alec et Isabelle le regardèrent fixement. Ils semblèrent tous les deux surpris. Il ne leur en voulait pas. Il ne se souvenait même pas de la dernière fois qu’il s’était excusé pour quelque chose.

Ironiquement, la fille ne semblait pas l’avoir entendu. La porte de la salle s’ouvrit avec fracas et la lumière entra. Quelqu’un était posté devant la porte. Un grand garçon, avec des cheveux noirs et des lunettes. Derrière lui se trouvait l’agent de sécurité.

- « Clary » l’appela-t-il. Il regardait la pièce et par l’expression sur son visage, il était clair qu’il voyait la fille rousse, mais pas Alec, Isabelle et Jace.

Clary. Bien sûr que c’était son nom. Clary, clarté, sauge sclarée que le folklore rendait responsable de la double vue des terrestres.  Un nom qui était synonyme de légèreté et de clarté. Le nom parfait pour la fille qui semblait tout voir. Qui semblait voir à travers le filtre du monde des terrestres. Qui semblait voir à travers lui.

Elle regarda en arrière, elle ne les regardait pas tous les trois, mais uniquement Jace. Il était immobile tandis que son regard se posait sur lui – intrigué, ébloui, surpris. Comme si, comme Hamlet, elle regardait quelque chose de merveilleux et d’étrange aux yeux des humains.

Et dans ses yeux verts, il crut voir un scintillement de regrets alors qu’elle se retourna et s’éloigna d’eux.



Isabelle avait l’air amusé alors que la porte se fermait derrière elle, puis elle se retourna vers Jace avec l’air surpris – « Qu’est-ce qui se passe ? » lui demanda-t-elle.

Il secoua les épaules, occupé à ranger son poignard séraphique autour de sa ceinture – « Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une terrestre ayant la double vue » dit-il – « Si c’était le cas, elle aurait déjà vu le monde obscure  

- « C’est pas ça » dit Isabelle – « Je veux dire, bien sûr que c’est hyper bizarre et Hodge va devenir fou en sachant qu’une simple terrestre peut nous voir, mais je parlais de toi ! »

Jace les regarda avec surprise. Alec et Isabelle le regardaient avec inquiétude. C’était facile de voir la ressemblance entre eux dans ce genre de moment – ils avaient les mêmes cheveux noirs lisses, le même sérieux dans leurs expressions, le même physique – « Qu’est-ce que j’ai ? »

- « Tu as déjà été en contact avec des démons ? » - Isabelle répétait ce qu’elle avait entendu dire Jace à Clary – « C’est ta propre version de « tu viens souvent ici ? Quel type de musique tu aimes ? » - « Pourquoi tu avais l’air complètement obsédé par elle ? »

- « Clary a juste été avec nous pendant quoi cinq minutes » – Jace rajouta – « Donc pas assez de temps pour que je devienne obsédé par elle »

- « Clary ? Tu as mémorisé son nom ? » - Les sourcils d’Alec se soulevèrent – « C’est bon, on arrête. Viens ici ». Il tira Jace près de lui, attira vers lui son bras blessé et pris sa stèle.

- « Nous devrions la retrouver » - Jace parla pendant qu’Alec était en train de dessiner une rune de guérison

- « Comme je l’ai déjà dit, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une simple terrestre »

- « Eh bien, nous pourrions en parler avec Hodge » dit Alec raisonnable – « Il pourra nous dire quoi faire »

- « Je sais déjà quoi faire » répliqua Jace en regardant la rune qu’Alec venait de finir de tracer – la blessure se refermait déjà – « Je vais la retrouver »

Alec, qui était sur le point de ranger la stèle, s’arrêta brusquement – « Et pourquoi ? » lui demanda-t-il.

- « Parce que je pense que son signe astrologique est le poisson et que je voudrais lui demander plus d’explication sur ça » lui répondit Jace irrité – « Pourquoi ? Car elle pouvait nous voir ! Cela pourrait signifier autre chose ! »

- « Ou ne rien vouloir dire » rajouta Alec d’un air ennuyé.

- « Pourquoi cela vous intéresse autant ? » leur demanda Jace – « J’aurai quelque chose à faire comme ça. Un service vide est la boutique du diable, vous le savez bien. Dieu seul sait dans quel pétrin je vais me mettre, le cas contraire »

- « Tu es fou ! » lui dit Isabelle – « C’est une folie. Ça n’a aucun sens »

Jace la regarda dans les yeux. Il ne pouvait pas faire face à Alec, bien qu’Alec soit une présence sûre, ferme et bienveillante à ses côtés. Il regarda Izzy à la place – Izzy, qui avait une âme sauvage, qui cherchait l’oublie dans les créatures obscures, qui gardait ses secrets mais qui, selon Jace, savait, exactement l’attraction que certaines choses pouvaient avoir sans que cela fasse sens.

Elle sourit. C’était l’un des rares sourires d’Izzy, ceux qu’elle essayait habituellement de cacher 

- « Regarde toi » lui dit-elle – « Elle t’a réveillé »

- « Je ne dormais pas » lui dit Jace

- « S’il dormait, il le saurait » rajouta Alec – « Il aurait ronflé »

Mais Isabelle sourit à nouveau – « Peut-être » dit-elle. Alec s’arrêta de l’autre côté de Jace, manifestement pressé à l’idée de partir.

- « Allons-y » - Alec parla en passant la lourde porte. Jace regarda en arrière à l’endroit où se tenait la fille aux cheveux roux. D’où elle était, elle le vit. Ce n’était pas seulement un charme, mais une armure qu’il portait : elle le regarda et semblait curieuse sans éprouver la moindre peur.

Alors qu’il sortit du club, il ferma les yeux une fois et se souvint d’un oiseau volant librement dans le ciel bleu.