La cité des ténèbres : Les âmes perdues

Les chasseurs d'ombres luttent pour reconstruire leur monde brisé après la trahison de l'un d'entre eux qui les a laissé vacillants.

The Mortal instruments : La cité du feu sacré (Attention Spoiler)

Les ténèbres sont de retour dans le monde des chasseurs d’ombres. Au moment où leur société s’écroule autour d’eux, Clary, Jace, Simon et leurs amis doivent s’unir pour lutter contre le plus maléfique des Nephilims qu’ils n’aient jamais affronté ...

La cité des ténèbres : Les livres

Vous trouverez, réunis sur cette page, tout ce qu'il faut savoir sur la saga de Cassandra Clare, du premier tome au dernier...

Le Codex des chasseurs d'ombres...

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir, sans jamais oser le demander...

The mortal instruments - Le film

Screen Gems une filiale de Sony pictures s'associe à Constantin film et Unique feature pour porter à l'écran la saga des MORTAL INSTRUMENTS. Jessica Postigo a bouclé le scénario qui est basé sur le premier livre de la série, la cité des ténèbres. Le directeur de projet cinéma et TV de Constantin Film Martin Moszkowicz sera producteur exécutif avec Robert Kulzer...

mercredi 8 septembre 2021

Extrait du journal de Tatiana Lightwood (5ème nouvelle du projet " Les secrets du Manoir Blackthorn ")


Extrait du journal de Tatiana Lightwood

27 décembre 1873




Je déteste Will Herondale.

Je déteste Will Herondale.

Je DÉTESTE Will Herondale.

Comment avais-je pu ressentir quoi que ce soit d’autre que de la répugnance envers lui, avec son nom absurde et son accent gallois exécrable et sa belle figure ridicule ! Ah ! L’épouvantable monstre lut mon ancien journal intime, À VOIX HAUTE à la fête de Noël de l’Institut. Sur la scène, dans la salle de bal. Devant l’Enclave au complet.

Chaque entrée que j’avais signée « Mrs. Tatiana Herondale ». Chaque passage où j’avais écrit des poèmes sur ses ridicules yeux bleus, comme je tremble à ce souvenir maintenant ! Comme je regrette qu’Elise Penhallow n’ait jamais arrêté de jouer de l’épinette, ne lui donnant jamais l’occasion de se mettre à lire À VOIX HAUTE. Je voudrais qu’elle soit toujours en train de jouer, à cet instant et pour toute l’éternité, et que Will Herondale ait été absolument noyé sous le vacarme.

Cette HUMILIATION, c’est insupportable. Quel MONSTRE. Gidéon se tenait là comme un idiot empoté. Gabriel eut la décence d’essayer de défendre mon honneur et se cassa le bras, ce qui était vraiment le moins qu’il puisse faire.

Je suppose que c’est préférable d’avoir découvert maintenant, et non ultérieurement, la VÉRITABLE NATURE de Will Herondale ainsi que ses INTENTIONS MALVEILLANTES. Oh, si seulement j’avais pu le découvrir d’une autre manière ! Une cruelle remarque murmurée… un acte de brutalité aux dépens de quelqu’un d’autre… mais non. Tous les membres de l’Enclave bouche-bée devant moi et chuchotant, chuchotant.

Évidemment, dans la calèche sur le chemin du retour, Père me dit que je nous avais tous couverts de honte, de même que la réputation des Lightwood. Gabriel fit la moue pendant tout le trajet, bien que les runes de guérison aient dû soulager ses douleurs, il n’avait donc aucune raison de se montrer si indigné. Rien de tout cela ne le concernait. Gidéon me prit la main et dit : « Ne t’inquiète pas, Tati. Tout le monde aura oublié cela plus vite que tu ne le crois. » Je regardai par la fenêtre de la calèche et l’ignorai. Que pouvait-il bien comprendre au coup qui m’avait été porté ? Rien, car c’est un crétin.

En arrivant à Chiswick, je voulais brûler le journal, car je ne supportais plus de voir cette chose. Will l’avait ruinée. Je montai dans ma chambre et arrachai les pages de la reliure, puis déchirai chaque page en morceaux. Je regardai la cheminée, qui abondait en charbons ardents, mais je ne pus me résoudre à jeter aux flammes les restes du journal intime, peu importe qu’il ait déshonoré le nom de notre famille. Ces pages étaient noircies de mes fascinantes méditations, idées et observations : concernant l’Enclave de Londres, admirant les exploits héroïques de mon père, décrivant précisément la forme du nez d’Elise Penhallow et ce qu’il reflétait de son horrible caractère. Je me rendis compte que je ne voulais pas voir tous ces mots se corner et être réduits en cendres. Au lieu de ça, je fourrai les pages mutilées dans ma bourse en soie verte et traversai le couloir sur la pointe des pieds. Je la cachai dans le vieux trou de souris derrière l’un des tableaux de Père représentant des démons faisant des choses bizarres. (Je ne sais pas pourquoi il les collectionne, mais je suppose que je n’ai pas encore développé de goût pour l’art.) Je regagnai ma chambre rapidement et jetai la reliure et la couverture du livre au feu.

Je recommence avec un tout nouveau journal intime dans lequel je ne mentionnerai pas du tout W. H. Sauf cette fois. C’est la dernière fois.

Mais je vais le faire payer. Peu importe combien de temps je dois attendre.

(Traduction extraite du site " Secrets of Blackthorn Hall ")

jeudi 2 septembre 2021

De Emma à Dru ( 4ème nouvelle du projet " Les secrets du Manoir Blackthorn ")

 

De Emma à Dru

Chère Dru,

 

Coucou, ma petite chauve-souris ! Alors, c’est comment l’Académie des Chasseurs d’Ombres ? Tu t’amuses toujours autant ? Comment est ta camarade de chambre ? Elle s’appelle Thais, c’est ça ? C’est comment d’avoir une camarade de chambre ? J’ai toujours un peu regretté de ne pas avoir pu aller à l’Académie, même si bien sûr la météo était plus agréable en Californie. Mais tu aimes tout ce qui est sombre et lugubre ! Mais bon… essaye quand même de prendre un peu le soleil de temps en temps, d’accord ? Même si je sais que tu adores ta pâleur fantomatique, la vitamine D, c’est important.

Je dis ça alors que nous ne voyons pas les rayons du soleil ici à Chiswick : l’Angleterre est fidèle à sa réputation pluvieuse. Mais je me dis que c’est en accord avec la maison. D’ailleurs, tu vas l’adorer dès que tu la verras. C’est le lieu le plus gothique que tu aies jamais vu. Le manoir est rempli de statues brisées, et de papier peint terni avec des tâches suspectes et des TONNES de ronces sombres…

Mmh, ça parait logique qu’il y ait beaucoup de ronces épineuses et noires à Blackthorn Hall. Mais c’est un enfer de les tailler. Pourquoi tes ancêtres n’ont-ils pas choisi quelque chose de moins pointu ? Pendant des années, le manoir a appartenu aux Lightwood : pourquoi n’y a-t-il pas de bois clairs ? Nous ne le saurons peut-être jamais.

(J’oublie toujours les Lightwood, parce que je vois le manoir comme Blackthorn Hall, mais j’ai trouvé le journal intime d’une fille qui a grandi ici, caché sous le parquet. Ça remonte aux années 1870. Elle était juste une adolescente comme les autres Chasseuses d’Ombres de l’époque, elle se plaignait des cours d’histoires ennuyeux et de ses odieux grands frères. Des trucs de base ! Elle a environ 13 ans dans la partie que je lis, mais ça s’étale sur plusieurs années. Elle s’appelait Tatiana Lightwood, je me demande si Isabelle et Alec ont entendu parler d’elle ?)

Quoi qu’il en soit, Jules travaille d’arrache-pied à faire disparaître le côté effrayant de la maison, mais crois-moi, quand tu arriveras, ça sera toujours plus gothique que des bas résille déchirés. Finir de débarrasser tous les couloirs de leurs volières vides et de leurs livres délabrés va nous prendre des années. Ce manoir est immense. Et complètement foutu.

Et aussi… hanté. Je pense que nous le niions tous les deux au début. Ce n’était que des ombres qui se déplaçaient bizarrement, des sensations de froid à certains endroits… si nous étions dans un de tes films terrestres, nous serions toujours en train de nous demander ce qu’il se passe. Mais nous sommes des Chasseurs d’Ombres. Nous savons que les fantômes existent. Nous n’avons finalement pas eu d’autre choix que de nous rendre à l’évidence : il y en a bel et bien un dans cette maison. Quelqu’un déplace de petits objets et on entend le piano au loin… de doux morceaux de musique, graves et envoûtants, que nous entendons tous les deux. Mais le hic, c’est que le seul piano présent ici ne fonctionne même pas. Il est rongé par la moisissure depuis bien longtemps.

Nous avons donc un fantôme. Mais il ne semble pas particulièrement hostile. C’est peut-être juste un petit poltergeist, ou le passage d’une âme tourmentée. Je viens de commencer à passer en revue des papiers et c’est évident qu’Il S’est Passé des Trucs Ici à un moment donné : j’ai remarqué plein de références bizarres aux démons et aux sorts d’alliance. (Oh, je mets quelque chose de côté pour toi : c’est un corbeau empaillé recouvert de fleurs, je pense que ça faisait partie d’un chapeau très original.) Alors tout est réunit pour qu’une âme errante se trouve ici. Une chose de plus dont nous devons nous occuper, déjà que nous devons acheter de toutes nouvelles canalisations. (C’est quoi, exactement, les canalisations ?)

Enfin bref, j’ai hâte de te voir et… oh non, cette lettre ne parle quasiment que de la maison, mais je veux vraiment tout savoir sur l’Académie et ta camarade de chambre et les professeurs : est-ce que Catarina est là ? Et Ragnor ? Est-ce que tu as vu Jaime récemment ? Dis-moi tout !

 

Bisous,

Emma

PS : je viens juste de découvrir qui était le plus beau garçon de Londres aux yeux de Tatiana. Will Herondale. N’était-ce le mec avec qui était mariée Tessa, il y a longtemps ? Est-ce qu’elle trouverait ça drôle ? Moi, je trouve ça un peu drôle. C’est toujours un Herondale, tu vois ?

(Traduction extraite du site " Secrets of Blackthorn Hall ")

Cher Mark (3ème nouvelle du projet " Les secrets du Manoir Blackthorn ")

 

De Julian à Mark

Mark Blackthorn a/s Helen Blackthorn

Institut de Los Angeles

Malibu, Californie

 

Cher Mark,

 

Ne te préoccupe pas du parchemin pour l'instant, je t'en reparle à la fin de la lettre.

Bonjour de Chiswick ! Ça se prononce « tchizick », c'est à deux pas du centre-ville de Londres, et c'est une ruine qui ne demande qu'à s'écrouler. Je parle de la maison, pas du quartier, qui est agréable, en banlieue, avec beaucoup d'espaces verts, très calme. Ça te plairait.

J'aurais dû t'écrire plus tôt, je sais… et je m'en excuse. Nous avons dû agir rapidement pour conserver la maison, et je savais qu'un message de feu ne serait pas arrivé jusqu'à toi. Blackthorn Hall a beau être en ruine, mais c'est l'héritage de notre famille, l’une des rares choses que nous avons héritées des Blackthorn du passé. Je m’en sens responsable, j'ai comme un besoin depréserver ce manoir pour Tavvy et Dru, à Ty et Liv… Enfin, tu vois.

C'était soit nous soit l'Enclave, et ils l'auraient démoli pour construire quelque chose d'autre à la place. C'est tellement délabré que le démolir serait la décision la plus sensée. Mais c'est notre propriété, et je dois dire que je l'aime. D'ailleurs, qui l'aimera à part nous ? Je suis sûr que la maison peut retrouver toute sa splendeur. Tu devrais venir nous voir quand tu en auras l'occasion (vous êtes tous invités, évidemment) mais je te préviens : si tu viens dans les deux prochains mois, tu seras mis à contribution.

Ce qui m'amène au parchemin : c'est le devis et le contrat pour les rénovations de la maison par les elfes charpentiers. Je me disais que toi et Kieran pourriez y jeter un œil, pour vérifier qu'il n'y ait aucune ruse dont le Petit Peuple a le secret, voir si leurs prix sont raisonnables, et aussi s'assurer qu'ils ne s'empareront pas de Tavvy si nous avons des retards de paiements, ce genre de choses. Ils nous ont été vivement recommandés. Ce sont des brownies… je crois ? Ils ressemblent à de grands nains de jardin. C'est sûrement à cause des chapeaux pointus. Ils pourraient les enlever, bien sûr, mais je crois que ça leur plaît. Ils doivent avoir conscience de ressembler à des nains de jardin. Bref, ils ont l’air dignes de confiance et travailleurs et tout ça. Mais les fées aiment jouer des tours aux humains. Dis-moi ce que tu en penses.

Oh, je devrais préciser qu’il y a une partie de la maison en très bon état et « tout équipée » comme ils disent ici. Ça a été refait dans les années 60, et c’est… comment dire… sensass. Les équipements sont à la « Mod » vintage. Je ne suis pas sûr que tu comprennes cette blague, mais ne t’inquiète pas, c’était plutôt nul. Je n’y avais jamais prêté attention avant, mais je me suis rendu compte que nos grands-parents ont dû faire les rénovations. Les dates correspondent. Alors ça doit être ici que Papa a vécu, il y a longtemps. Et Oncle Arthur. C’est ici qu’ils ont grandi. Et je me suis dit : eux aussi, ils ont dû être « sensass ».

Arthur. À un moment ou un autre. Il a dû être super sensass. Je voudrais que tu laisses cette idée s’imprégner, comme je l’ai fait. Ça crée un sentiment qui, selon moi, n’a jamais été ressenti par aucun être humain au monde.

Tu devrais voir les vêtements. Je veux dire, pour de vrai. Tu devrais les voir. Il y a de quoi remplir tout un dépôt-vente de trucs vintage, et rien ne me va. Tu peux venir te servir, mais c’est presque uniquement des tissus synthétiques qui ne passeraient pas dans le Royaume du Petit Peuple.

Eeeeeet je divague, je sais. Je voulais éviter d’avoir à dire ça, mais il se passe quelque chose dans cette maison. Ça me rappelle les nuits où nous allions vadrouiller tous les deux aux alentours de l’Institut quand nous y vivions. Je me rends bien compte que c’est bizarre, Londres n’a absolument rien à voir avec les montagnes de Santa Monica : la forte odeur des feux de forêt, la senteur du chaparral et de la sauge, la terre sèche sous nos pieds, tout ça me manque. (Est-ce que ça te manque à toi aussi ? Je me dis que ça doit être très différent là où tu es dans le royaume du Petit Peuple.) Mais il y a eu de nombreuses occasions, surtout quand nous étions plus jeunes, où nous nous racontions des histoires de fantômes là-bas, entretenant la peur que quelque chose nous observait. C’était peut-être le cas, mais j’ai tendance à croire maintenant que ce n’était pas quelque chose de méchant. Ici, dans cette maison, j’ai la même sensation d’être observé, comme si des yeux étaient braqués sur moi, des ombres que je vois du coin de l’œil, mais qui disparaissent quand je me retourne.

Quoi qu’il en soit, j’aimerais vraiment que tu sois là. J’en parlerais bien à Emma, mais je ne veux pas l’inquiéter. Elle s’est donnée pour mission titanesque de trier des décennies de papiers et de journaux ayant appartenu aux gens qui vivaient ici, et j’ai commencé à repeindre la salle de bal. Je sais qu’Emma a écrit à Cristina, embrasse-la de ma part, et K aussi !

 

Ton frérot qui t’aime,

Julian.

PS : Je me rends compte maintenant que je ne sais pas où tu recevras cette lettre, alors je voudrais clarifier une chose : quand j’ai dit « vous êtes tous invités », je voulais dire tout le monde à l’Institut de Los Angeles, pas toute la Cour des Ténèbres.

(Traduction extraite du site " Secrets of Blackthorn Hall ")



 

Mon très cher Magnus (2ème nouvelle du projet " Les secrets du Manoir Blackthorn ")


Jem, Kit et moi avons tellement hâte que tu viennes nous voir. En prévision, Kit essaye d’apprendre à Mina à prononcer ton nom. Elle y arrive presque, mais tu devras peut-être te contenter de te faire appeler « Agnes »1, car elle le M lui donne du fil à retordre : c’est très pénible pour elle étant donné qu’elle parle déjà très bien, tout comme Max à son âge nous as-tu dit. Il fallait les entendre ce matin dans la cuisine : « Qui va venir nous rendre visite, Mina ? » « Agnes ! ». J’imagine ton alter-ego, Agnes, portant des tenues à paillettes et étant imbattable aux cartes.

Merci pour tes conseils à propos des sorts de protection. J’irai chercher de la labradorite à la boutique ésotérique à Exeter. J’ai essayé ce que tu avais suggéré avec les poules : j’ai pu emprunter une poule orpington bleue à un voisin au dernier quart de lune. Depuis, les poules semblent éviter Kit, alors peut-être que ça marchera aussi sur les démons ? (Mais bon, comment faire la différence entre une poule qui évite quelqu’un et une poule qui vit sa vie de poule?)

Jem et moi nous sommes aventurés sur un terrain glissant : assurer la sécurité de Kit et le cacher tout en lui offrant le cadre de vie le plus normal possible. Nous ne voulons pas l’enfermer en haut d’une tour comme une princesse de conte de fées ; il serait bien malheureux. Et Mina serait malheureuse aussi : elle l’adore et va partout avec lui, assise sur ses épaules en s’agrippant à son t-shirt avec ses petites mains. Ça me rappelle la façon dont James et Lucie grimpaient sur les épaules de Will. On dirait bien que les temps changent, mais les enfants ne changent jamais.

Nous essayons d’accorder des libertés à Kit dès que nous le pouvons. Il est inscrit à la petite école du village, où certains de ses amis sont au courant de l’existence du Monde Obscur et d’autres pas. Nous nous sommes liés d’amitié avec une meute de loups-garous du coin, et certains enfants de cette meute vont à l’école avec Kit. Je commence à le soupçonner d’avoir une petite-amie, mais il reste très mystérieux à ce sujet (Je suppose que c’est une autre chose qui ne change jamais avec les enfants : ils veulent garder leur jardin secret. J’espère seulement qu’il sait qu’il peut tout nous dire. Surtout en ce qui concerne les démons ; ou bien, dans le cas de Kit, le Petit Peuple. Cent-dix ans plus tard, je suis toujours aussi anxieuse.)

C’est une énigme, notre Christopher Jonathan Herondale. Il s’est confié à propos de certaines choses, et veut bien en parler librement à Jem et moi : concernant son père, et le fait d’avoir grandi avec la possibilité de voir toutes sortes de choses étranges sans vraiment comprendre pourquoi. Le fait qu’on lui ait inculqué une peur des Chasseurs d’Ombres. Ses inquiétudes à propos de son héritage – ce que ça signifie, le genre de pouvoir qu’il peut détenir. Je crois que ça le rend furieux de ne pas savoir.

Il y a d’autres choses dont nous ne parlons pas. Nous avons évoqué Ty, comme nous en avions discuté toi et moi, mais il se mure dans le silence en ce qui concerne leur amitié. Quoi qu’il se soit passé, il n’en parlera pas. Je pense aussi que la mort de Livvy lui a fait plus de mal que nous ne l’imaginions. Je l’ai entendu prononcer son nom dans son sommeil, toujours de cette manière si désespérée. Parfois il dit : « Pas si tu fais ça. Pas si tu fais ça, Ty. » Quel qu’ait été le sujet de leur dispute, ça a dû être affreux. Mais les gens peuvent être horribles quand ils sont en deuil ; nous le savons tous les deux.

Tu peux sûrement déduire de tout ce que j’ai écrit à quel point je… à quel point nous aimons Kit. Je l’aime, Magnus, comme s’il était mon propre fils. Il est mon propre fils. Je tuerais quiconque voudrait lui faire du mal, tout comme je donnerais ma vie pour protéger Mina et Jem. Je n’avais jamais imaginé que j’aurais cela à nouveau, cette famille parfaite que j’aime tant que mon cœur se serre. C’est étrange, après autant d’années, d’être aussi surpris par ses propres sentiments. Mais j’imagine que c’est plus ou moins la même chose pour toi, non ? D’ailleurs, j’espère que toi, Alec et les enfants vous portez bien. Tu diras à Max que nous avons trouvé sa cape de super-héro : elle était dans le piano.

Je joins une photo de ta dernière visite. Comme ils sont adorables !

Je t’embrasse,

Tessa.

(Traduction extraite du site " Secrets of Blackthorn Hall ")

 

mercredi 14 juillet 2021

La Lettre d'Emma à Cristina (1ère nouvelle du projet " Les secrets du Manoir Blackthorn ")


Chère Cristina,

J’allais tenter d’envoyer cette lettre au Chalet de Piliamor au Royaume des Fées, mais j’ai fini par me dire que tu risquais de ne jamais la recevoir.  D’accord, d’accord, je plaisante. Je l’envoie à l’Institut de New York - Clary m’a dit qu’elle te la mettra de côté. Je sais que Jules et moi avons émergé dans le monde entier comme des balles de ping-pong, mais nous nous sommes finalement installés ici à Londres pour au moins quelques mois, donc tu pourras – et devras - m’écrire à l’Institut de Londres - je ne suis pas sûr que l’endroit où nous sommes ait une adresse.

(Et oui, j’aurais pu juste vous envoyer un message de feu, mais j’ai beaucoup de choses à te raconter)

Donc, il y a quelque temps, Jules et moi étions à Manaus, au Brésil, étudiant le démon Curupira, lorsque nous avons été appelés à l’Institut de Rio. Ils avaient un message pour Julian. Sa grand-tante - oui, celle qu’il visitait quand tu es arrivée à Los Angeles - était morte. C’était vraiment triste. Tu te rappelles de sa belle maison dans le Sussex où elle vivait ? Eh bien, elle l’a laissé à un cousin dont personne n’a entendu parler, mais elle a laissé le Manoir Blackthorn à Julian. Tout est en train de s’effondrer et tomber en ruine à Chiswick (une sorte de banlieue londonienne). Et puis, nous avons dû venir ici, à cause d’une clause du testament. Soit Julian répare cet endroit en le rendant à nouveau habitable au bout de cinq ans, soit le Manoir reviendra à l’Enclave.

Quoi qu’il en soit, tu sais comment est Julian. Il prend les décisions très rapidement. Nous avons traversé le Portail pour arriver à Londres puis le lendemain il a reçu la nouvelle.

J’étais prête à manger des petits gâteaux, à boire du thé puis à aller au London Eye (tu sais faire toutes ses choses que je n’ai pas pu faire la dernière fois que je suis venue à Londres, à cause des fées guerrières impossible à tuer qui nous poursuivaient). Mais ça c’était avant que nous prenions un taxi noir de l’Institut jusqu’à Chiswick et que nous voyions l’endroit.

De l’extérieur, le Manoir ressemble à un musée ou à une vieille bibliothèque – tu sais, de grandes colonnes de marbre, un grand escalier, un grand dôme en métal sur le dessus qui ressemble à un télescope (mais non il n’en a pas, j’ai vérifié). Mais à l’intérieur, ça ressemble plus à un conte de fées. Non comme un paysage digne du royaume des fées, mais plutôt d’un film pour enfants. C’est comme dans ce conte de fée qui se déroule dans un palais tombant en ruine depuis mille ans. C’était romantique pendant environ cinq minutes Puis, nous avons repéré un premier rat qui grignotait la frange d’un des rideaux.

C’est un étrange mélange d’histoire intéressante, d’art ancien étrange et de ruine totale. Il y a des portraits cool d’anciens ancêtres Blackthorn, pour la plupart intacts. Julian m’a dit qu’il ne reconnaissait pas la plupart de ces portraits. Certains d’entre eux ont des noms écrits au dos du cadre, mais à part « Blackthorn », aucun des noms écrits n’a de signification pour nous. Il y a des coffres en bois pleins de livres et de vieux parchemins, mais également de beaux terrains couverts de buissons qui, j’en suis sûr, étaient autrefois des jardins et sont maintenant la version d’une jungle anglaise. Il y a une vieille serre et une étrange petite structure en briques que nous n’arrivons pas à ouvrir. (Hangar de stockage ? Très petite salle d’armes à feu ?) Le manoir entier est un véritable gâchis, et la plupart des pièces sont inhabitables. Quelqu’un a construit un appartement « moderne » dans une des ailes du manoir, probablement dans les années soixante. (L’appartement, d’ailleurs, me rappelle cette boutique vintage à Topanga où j’ai traîné de force. Tu t’en souviens ?) Celui qui y vivait a laissé un placard avec toutes sortes de vêtements vintage et il y a un papier peint farfelu orné de motifs de fleurs et d’art moderne partout. Au moins, l’électricité marche dans cet appartement, ainsi que l’eau chaude et le chauffage, car dans le reste du manoir ce n’est certainement pas le cas.

Je suis de retour. Je suis désolé, j’ai dû arrêter de t’écrire une seconde car Julian m’appelait. Il était certainement dans la salle de bal ? De toute manière, il a fait un mauvais pas et son pied a traversé le sol. (Pas tout l’étage, ce qui est un soulagement. Mais il a définitivement fait un trou.) La salle de bal est grande et poussiéreuse, mais nous pouvons voir à quel point elle était belle et très chic. Il a ces énormes portes à la Française qui s’ouvrent sur des balcons tout en marbre, bien que la plupart du verre des portes ait déjà disparu.

Après avoir aidé Jules a se libérer du trou, j’ai pensé que c’était ma seule chance de faire entendre raison à Jules, alors je lui ai dit que c’était un projet gigantesque pour deux personnes qui n’ont jamais réparé une maison auparavant, et que nous avons déjà un endroit parfait où vivre. Et où la météo est meilleur.

Jules, étant Jules, il a mis un certain temps à me répondre, il réfléchissait vraiment à ce que je venais de lui dire. Puis il m’a dit : « Si tu ne veux pas faire ça, alors nous ne le ferons pas Tu es plus importante pour moi que cette maison. Que n’importe quelle maison. »

Je lui ai répondu : « Ce n’est pas que je ne veux pas faire ça. C’est que je ne sais même pas par où commencer. »

Jules m’a expliqué calmement qu’il avait été mis en contact avec des architectes féériques et qu’ils seraient là lundi pour faire une étude des lieux. Puis il m’a serré dans ses bras et m’a dit : « Je sais que nous pourrons toujours vivre à l’Institut de Los Angeles. Moi aussi j’aime cet endroit. Mais s’il existe un endroit où l’héritage des Blackthorn est présent, il s’agit de ce manoir. Tous ces vieux documents, quels que soient les secrets cachés dans cette maison, ils sont l’histoire de notre famille. Je voudrais les transmettre à Dru, Ty et Tavy. Je veux leur donner ce que je n’ai jamais eu.

Eh bien, que pourrais-je répondre à cela ? Je comprends. J’ai la chance d’avoir Jem qui rend l’histoire de ma famille vivante. Jules n’a rien de tel. Et maintenant, Aline et Helen dirigent l’Institut de Los Angeles, mais ce n’est peut-être pas pour toujours, et d’ailleurs, ce dernier appartient à l’Enclave. Je comprends qu’il sente qu’il ne peut pas expliquer une grande partie de leur histoire familiale sans leur donner la possibilité de choisir.

Je lui ai répondu : « D’accord. Voyons ce que nous pouvons faire. Si nous décidons que c’est de trop, nous pourrons organiser une grande réunion de famille et tout le monde pourra voter. Gardez l’endroit ou pas. »

Il s’approcha de moi et me fit me tourner. Puis nous nous sommes embrassés. Je vais être gentille et ne pas te donner plus de détails.

J’ai donc décidé de considérer tout cela comme une aventure. C’est comme un site archéologique, et nous sommes des archéologues intrépides. Je tenterai plus tard de convaincre Jules de mettre une veste en tweed et un chapeau haut de forme pendant qu’on examinera les décombres. Parce que la personne qui vivait ici avant a collectionné un certain nombre d’objets. C’est une grande maison, et chaque pièce à des meubles avec des tiroirs et des armoires, puis à l’intérieur de chaque tiroir et de chaque placard, il y a plein d’objets. Des fusils rouillés, des livres humides, des petites boîtes remplies de choses, des bibelots, des portraits de personnes inconnues, des tasses à thé cassées… Et rappelle-toi, nous découvrons le manoir sans électricité, mais avec la lumière de nos pierres de runes.

Quoi qu’il en soit, je voulais que tu saches ce que je faisais et où nous en étions. Notre année de voyage était en train de se finir de toute manière, donc c’est un peu une façon de la prolonger et de passer plus de temps ensemble. Je ne suis pas triste à propos de cette partie. En fait, jusqu’à ce matin, je me préparais très bien psychologiquement à participer aux fouilles concernant l’histoire des Blackthorn.

Je sais que j’ai dit que la maison avait l’air hantée, mais je plaisantais. Enfin pas toujours. Je ne suis pas Kit ; Je ne peux pas voir les fantômes à moins qu’ils ne veuillent que je les voie, et jusqu’à présent, je n’ai pas rencontré d’esprits ayant des messages de l’au-delà à me faire parvenir. Mais l’endroit semble étrange - je continue à me retrouver penché au bout de longs couloirs pleins de toiles d’araignées, comme si je m’attendais à apercevoir quelque chose dans l’ombre. Ou en imaginant voir quelque chose au-dessus de mon épaule dans le miroir. J’ai tout mis sur le dos de mes nerfs, enfin jusqu’à ce matin, quand je suis entrée dans la salle à manger et que j’ai vu les mots « Partez » écrits à l’aide de la poussière présent sur le sol.

J’ai littéralement bondi. En fait, j’ai d’abord ramassé Cortana avant de pouvoir me contrôler. Ne soit pas ridicule, ai-je pensé. Ce message peut avoir été écrit à n’importe quel moment. Bien avant que nous ayons la maison. Le message a pu être écrit il y a des années sans avoir été effacé.

Cependant, j’ai une confession à te faire. J’ai effacé le message « Partez » avec mon pied. Je ne voulais pas que Julian le voie. Il a tendance à trop s’inquiéter. Je ne voulais pas qu’il subisse le même choc que moi, surtout pour quelque chose qui n’a pas d’importance.

Je me sens mieux à l’idée de tirer cette histoire de ma tête et de te la raconter, cependant. Mince, Julian m’appelle de nouveau, je ne peux pas attendre de voir dans quoi il s’est encore fourré. Je t’écrirai à nouveau bientôt, et sur ce je t’adresse un bonjour typique londonien.

 

Avec tout mon amour à toi et à tes hommes

Emma


dimanche 11 juillet 2021

Le projet secret de Cassandre Clare : " Les Secrets du Manoir Blackthorn "

Hier, Cassandra Clare était en live sur Instagram pour parler de son projet secret qu’elle nous a enfin dévoilé et qu’elle appelle « Blackthorn Hall ». Il s’agira d’un recueil de nouvelles raconté par Julian et Emma à la fin de leur année de voyages. Ces différentes nouvelles seront publiées sur un Tumblr spécial, tous les lundis d’Août 2021 à Août 2022 et accompagnées d’illustrations de Cassandra Jean.

Julian et Emma sont en voyage lorsque l’Enclave leur envoie un message : « Nettoyez le Manoir Blackthorn ou la propriété reviendra à l’Enclave » Le Manoir laissé en désordre et à l’abandon, Julian et Emma découvriront les secrets que le Manoir a gardé caché pendant des années – mais ils découvriront tout d’abord un appartement datant des années 1960 rempli de pantalons pattes d’éléphants et de chemises à fleurs ! Un panel de personnages interviendra dont Cristina, Mark, Ty et Kit.

La première nouvelle a été lancé hier pour initier le projet. C’est une carte d’Emma pour Cristina. Je vous la traduirai cette semaine.

Voici le lien pour le TumblrSecrets of Blackthorn Hall (tumblr.com)

mardi 18 mai 2021

" La Chambre des Murmures " - Scène de " La Chaîne d'Or " du point de vue de James

« Pour vous remercier tous d’être de grands lecteurs et d’aider « La Chaîne d’Or » à faire si bien dans ses débuts, j’ai décidé de réécrire la scène fameuse de la Chambre des murmures présente dans « La Chaîne d’Or » - mais cette fois-ci du point de vue de James. L’illustration présente provient de Cassandra Jean, comme d’habitude. J’espère que cela vous fera plaisir. » – Cassandra Clare


Cortana tissa ses propres mots, les mettant en valeur chacun grâce à l’acier. Cordelia se tourna vers le goût de l’épée, et son corps serpenta comme de l’eau ou du feu, comme une rivière sous une multitude d’étoiles. C’était beau, elle était magnifique, mais elle n’était pas une beauté lointaine. C’était une beauté qui vivait, respirait et tendait les mains pour écraser la poitrine de James et le laisser à bout de souffle.

James ressentit une émotion étrange quand Daisy monta pour la première fois sur la scène du Hell Ruelle. C’était un mélange de divers sentiments : de l’inquiétude pour elle, de l’ennui face à Kellington, de la curiosité et de l’admiration pour sa bravoure et son équilibre. C’était injuste de la part de ces gens de la forcer à danser, pensa-t-il, mais également insultant pour n’importe quel chasseur d’ombres en général. Il supposa que Matthew leur avait donné une vision assez inhabituelle de ce que les chasseurs d’ombres étaient dans de telles circonstances.

Et puis elle commença à danser. Et soudain, elle n’était plus Daisy, son amie d’enfance. Elle était Cordelia, dont le nom signifiait cœur et dont les gestes le brûlaient comme du feu. Tous ses soucis finirent par s’effacer de son esprit. Il n’était conscient que de Cordelia, qui tournait sur elle-même en traversant la petite scène. Cortana dansait autour d’elle, brillant comme des braises. La lueur opaque des lampes éclairait son corps, la décrivant à chaque mouvement, chaque courbe pendant qu’elle dansait. Ses cheveux écarlates volaient autour d’elle sur le rythme de la musique, et la lumière dorée des lampes glissaient sur sa peau, lentes et chaudes, comme des gouttes de miel. La cadence de sa voix, montante et décroissante, semblait tisser une cage autour de son public, et James ne faisait pas exception.

Plus tard, James pensera étrange le fait de ne pas l’avoir comparé à Grace. Il n’avait à aucun moment pensé à Grace. Cordelia dansa et, à la fin de sa représentation, toute la vie de James avait été démontée et recomposée sous une forme nouvelle et différente. Il était conscient de la présence de Matthieu à côté de lui, regardant aussi Cordelia pendant que le public l’applaudissait elle. Cordelia rougissait.  James ne pouvait pas lui en vouloir.

Cordelia descendit de la scène et se faufila dans la foule pour les retrouver, rougissant sous les regards et les commentaires murmurés par les personnes du public. James pouvait voir le désir dans les yeux des personnes qui la suivaient. Tout le monde la voulait. Il sentait une rage sourde. Ils n’avaient aucun droit. Ils ne connaissaient pas Cordelia. Elle était tellement plus que ce qu’elle leur a montré avec cette danse.

Quand elle fut à leur hauteur, elle laissa échapper un long soupir de soulagement et sourit. Elle brillait avec l’exercice de la danse. Des gouttes de transpiration coulait le long de sa clavicule, brillaient entre ses seins. Ses yeux brillaient comme la lame de Cortana, attachée à son dos.

« Bon sang ! » s’exclama Matthew « C’était quoi ça ? »

Cordelia les regarda d’un air peu sûre d’elle. James répondit : « C’était un conte de fées, Math », et Matthew hocha la tête. Ses yeux vert foncé cherchaient le visage de Cordelia, comme s’il cherchait la clé d’une pièce verrouillée qu’il venait de découvrir.

Cordelia semblait en manque de confiance. James ne pouvait le supporter. Elle était magnifique ; elle devrait le savoir. Mais il ne pouvait pas lui dire ça. Ça l’embarrasserait.

« Très bien, Cordelia. » dit James à la place tout en décroisant ses bras car son poignet lui faisait mal et il se demanda s’il n’était pas en train de serrer ses mains.

Cordelia. Il ne l’avait pas appelée Daisy, et elle semblait un peu surprise. Ça semblait inapproprié, d’une façon ou d’une autre. Daisy était l’amie de Lucie, la compatriote des Merry Thieves ; il lui avait trouvé un surnom qui lui allait comme un gant. Cependant Cordelia – est une reine, fille de l’air, souverraine de Grande-Bretagne avant que les Romains n’atteignent ces plages. Comme Boadicea, une reine guerrière légendaire. Un feu blanc brûlant derrière les yeux noirs insoudables.

« Anna s’est éclipsée avec Hypatia » a déclaré James, en regardant le canapé vide - « Alors je considère notre distraction comme un succès. »

Les lèvres de Cordelia se tordirent d’un sourire -  « Combien de temps Anna a besoin pour séduire ? »

« Cela dépend si elle le fait bien » déclare Matthew, avec un clin d’œil. James sentit une étincelle de soulagement, un peu de légèreté au milieu du sentiment que quelque chose de lourd était assis sur sa poitrine.

« Eh bien, j’espère que, pour le bien d’être d’Hypatia, Anna le fait correctement » dit James. Il enregistra à l’aide de ses réflexes de parabatai que Matthew était toujours à côté de lui, et se demandait ce qui n’allait pas – « Cependant, pour notre bien, ça serait bien qu’elle se dépêche »

D’un ton qui sort de l’ordinaire, Matthew leur dit – « Vous deux, écoutez ! »

Est-ce que Matthew leur demandait d’écouter toutes les voix basses qui parlaient des chasseurs d’ombres ? Est-ce qu’il s’en rendait compte que maintenant ? Pourtant ces murmures les suivaient depuis qu’ils sont entrés en scène. Mais quand James suivit le regard de Matthew, il aperçut Kellington les regardant avec une expression de honte, non pas eux mais la porte. Il trouva sa réponse en voyant Charles Fairchild franchir la porte et regarder autour de lui d’un regard suspicieux. Il semblait prêt à envahir l’endroit, et mettre fin à l’entende qu’avait réussi à mettre en place Matthew et Anna avec le monde obscur.

Matthieu écarquilla les yeux « Charles » soupira-t-il - « Par l’ange, qu’est-ce qu’il fait ici ? »

James pensa que Charles était surement à leur recherche. Il faisait son chemin dans la foule et regardait autour de lui. Heureusement pour eux, la foule n’était pas intéressée par l’idée de le laisser passer et il se déplaçait donc très lentement.

« Nous devrions y aller » déclara James - « Mais nous ne pouvons pas partir sans Anna. »

D’une certaine façon, l’arrivée de Charles leur a été utile ; comme un seau d’eau froide lancé dans cette chaleur tonitruante qui a saisi le cœur de James depuis que Cordelia a commencé sa danse. Retour sur la raison de leur présence ici : un démon, un Pyxis, un plan.

« Vous deux, courrez et allez-vous cacher » leur dit Matthew toujours en train de fixer son frère des yeux – « Charles deviendra fou s’il te voit ici ! »

« Mais qu’en est-il de toi Matthew ? » demanda Cordelia

Matthieu haussa les épaules, mais James pouvait voir la tension dans sa mâchoire et ses épaules - « Il a l’habitude de ce genre de chose avec moi. Je vais m’occuper de Charles. »

Ce n’était pas la première fois que James souhaitait que son parabatai ne soit pas si pressé de sacrifier sa propre réputation. Il échangea un long regard avec Matthew, mais Matthew sembla déterminé et sûr de lui ; et son désir de sacrifier sa propre réputation était un problème qu’il devra attendre. Hochant la tête, James se retourna et prit la main de Cordelia. « Vient » lui dit-il et elle acquiesça. Alors qu’il les conduisait dans la foule, il entendit la voix de Matthew crier « Charles ! » sur un ton cordial avec une intonation agréable, quoiqu’entièrement fausse.

James ne savait pas où aller et la foule lui rendait l’orientation entre plus difficile, mais après quelques essais et erreurs, lui et Cordelia réussirent à passer derrière Kellington et a emprunter le couloir qui les conduisait plus loin. L’endroit n’était pas vraiment sûr car depuis le hall principal, il était possible d’avoir une vue claire sur tout le couloir. En fait, ils étaient encore plus exposés qu’avant et l’espoir de James que le couloir soit une bonne échappatoire avec la présence d’une grande statut qui aurait pu les cacher, fut rapidement détruite. Il continua à marcher, toujours en tenant la main de Cordelia, non pas qu’il en avait besoin car elle semblait connaître le chemin mieux que lui.

Au milieu du couloir, James repéra une porte ouverte – avec un panneau argent indiquant l’entrée dans la Salle des Murmures. Rapidement, il poussa Cordelia à l’intérieur, hors de vue des autres. Il claqua la porte derrière eux, ce qui fit du bruit, mais pour lui la foule présente dans le hall principal ne les avait pas entendus. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il libéra la main de Cordelia et regarda les environs.

La chambre était faiblement éclairée, mais pas froide pour autant : un feu parfumé brûlait dans la cheminée, remplissant l’espace de l’odeur du bois de santal et des roses. Il supposa qu’il s’agissait d’une salle d’étude en voyant le gigantesque bureau en bois appuyé contre le mur et les étagères, mais tout était richement décorée pour être juste un lieu de contemplation studieuse. Plumes de Phoenix et écailles de dragon illustraient le papier peint de couleur or ; il n’y avait pas de fenêtres, mais les murs étaient décorés de tapisseries à motifs, le sol recouvert d’un tapis si épais que James sentit ses bottes s’enfoncer alors qu’il se déplaçait plus loin dans la pièce.

Cordelia se colla au mur à côté de la porte. Ses yeux étaient fermés et elle respirait profondément, se calmant. Cortana brillait d’or sur son épaule ; la lumière du feu brillait comme un or plus profond dans sa peau, qui semblait accepter et garder sa chaleur. James plia les doigts dans la paume de sa main.

Il voulait la toucher. Il se retourna, faisant semblant de regarder les livres sur le mur. À toute autre occasion, il aurait été fasciné par les titres. Maintenant, ils semblaient sans importance. Il aurait pu jurer qu’il entendait son propre cœur battre. Il dit à Cordelia : « Où as-tu appris à danser comme ça ? » Il fut surpris de la dureté de sa propre voix.

Son regard se tourna vers Cordelia quand elle ouvrit les yeux et haussa les épaules. Il y avait quelque chose de magique dans la robe qu’elle portait : elle suivait la forme de son propre corps au lieu de la forme d’un corset. Elle glissait doucement contre sa peau alors qu’elle bougeait, tout comme ses cheveux auburn qui chatouillaient la peau nue de sa gorge et de ses épaules. « J’avais un professeur de danse à Paris. Ma mère croyait que l’apprentissage de la danse aidait à apporter la grâce au combat. »

Le mot « grâce » perça le cœur de James comme un poignard de glace. Il ne pouvait pas imaginer Grace à ce moment précis, c’était vrai ; il ne pouvait pas voir son visage. Il avait donné son cœur à Grace – c’était un fait immuable, quelque chose qu’il savait comme il savait que deux plus deux faisaient quatre. Mais il a dû admettre qu’à ce moment-là son cœur ne se sentait pas pris. On aurait dit une machine palpitante à l’intérieur de sa poitrine, pompant du sang et de la chaleur.

« Cette danse » ajouta Cordelia d’un geste doux de la bouche qui frappa James comme un coup à l’estomac – « Elle a été interdit d’enseignement aux femmes célibataires. Mais mon professeur de danse ne s’en souciait pas. »

« Eh bien » dit James en gardant sa voix stable avec l’habitude du contrôle – « Merci à l’Ange que tu étais là. Matthew et moi n’aurions certainement pas pu faire cette danse seuls. »

Cordelia s’éloigna de lui, un sourire sur son visage, comme si elle voulait se cacher. Elle traîna sa main le long de la table d’Hypatia. À un bout de la table, il y avait un tas de papiers attachés par un grand bol en cuivre contenant des fruits, et elle leva la main vers le bol.

James a peut-être été distrait par la capacité de Cordelia d’être distrayante qu’il ne connaissait pas avant, mais il était toujours un chasseur d’ombres. « Soie prudente » lui dit-il avec avertissement dans la voix – « Je pense qu’il s’agit de nourritures féériques. Cette nourriture n’a aucun effet sur les sorciers - pas d’effet magique, au moins. Mais chez l’homme oui... »

Cordelia retira sa main comme si elle venait de se faire mordre – « Je ne serai certainement pas blessée si je n’en mange pas. »

« Oh, non. Mais je connais des personnes qui en ont goûté et m’ont dit que plus on en mangeait, plus on en voulait et plus on souffrait quand… on ne pouvait plus en avoir. »

Cordelia le regardait maintenant, et bien qu’il ait été nécessaire de recueillir beaucoup de courage, il la regarda à son tour. Dans ses yeux sombres, les flammes argentées et bleues de la cheminée dansaient. James ne pouvait pas reprendre son souffle. Il n’avait jamais ressenti ça avant, cet essoufflement. C’était douloureux, comme une sensation douche et à la fois tranchante. Comme lécher du miel sur un couteau. Il dit, à voix basse : « Et pourtant, j’ai toujours pensé ... ne pas connaître le goût de quelque chose peut-il être considéré comme une nouvelle forme de torture ? La torture était de pouvoir seulement l’imaginer ?

Quelqu’un tenta d’ouvrir la porte brusquement, faisant un bruit qui fit tourner la tête de Cordelia. La poignée de la porte commença à tourner. Cordelia pâlit - « Nous ne devrions pas être ici »

Le monde de James se résumait à ceci : Cordelia était là, elle était avec lui et elle avait l’air effrayée. Il ferait n’importe quoi pour faire stopper cela. Il l’a pris dans ses bras, et le soulagement était incroyable – il ne se rendait pas compte à quel point il voulait la toucher jusqu’à ce qu’il le fasse. Jusqu’à ce qu’il l’étreigne, et sa force, sa chaleur et sa douceur furent mis en avant, et son visage était si beau qu’il lui faisait mal, et ses lèvres se séparèrent par surprise et sans autre pensée, il les embrassa.

Il pouvait sentir avec ses mains la forme de son corps comment il l’inspirait, unie dans le bas de son dos. Elle arqua son dos mais ne recula ni ne s’en alla – il pensait qu’il serait mort si elle l’avait fait – elle se pencha vers lui, ses lèvres charnues s’ouvrant sur les siennes. Elle l’embrassait. Elle avait le goût du miel, sentait le jasmin et la fumée. Sa main glissa sur sa joue chaude et dans la douce chute de ses cheveux.

Le temps semblait s’être arrêté.

Les bras de Cordelia étaient autour de son cou. Sa bouche luxuriante s’ouvrit un peu contre la sienne, et le baiser s’approfondit. Il déplaça sa main à l’arrière de sa tête pour la rapprocher. Ses dents frottaient contre sa lèvre inférieure, et il ne pouvait pas s’en empêcher ; il gémit et la sentit trembler contre lui.

De très loin, il entendit un rire et une porte se fermer d’un doux clic. Tout cela avait été planifié comme un stratagème, pour donner illusion à ceux qui essayaient d’entrer dans la chambre des murmures. Probablement quelqu’un de la foule, probablement des créatures obscures, qui s’étaient échappés pour un rendez-vous clandestin.

La ruse ayant marché, James s’éloigna de Cordelia avec un profond regret. Sa main, chaude, douce et merveilleuse, était sur son cou; ses doigts caressaient sa pâle cicatrice. Ses yeux étaient fixés à hauteur sur ses épaules. Il pouvait s’entendre dire son nom – « Daisy, ma Daisy » - et au lieu de répondre, elle murmura : « Je pense que d’autres gens arrivent »

Il savait que ce n’était pas vrai mais il s’en fichait. Il savait ce qu’elle disait : qu’elle demandait et donnait la permission en même temps. Tout au long de sa vie, James s’est battu pour le contrôle : le contrôle de sa chute soudaine dans l’ombre, le contrôle sur le monde obscur qu’il pouvait voir et qui était invisible pour tout le monde. Il avait travaillé et combattu pour garder le contrôle tous les jours, et pour la première fois depuis qu’il se souvenait, il avait abandonné tout contrôle.

En un instant, les murs qu’il a érigés s’écroulèrent tandis qu’il ramenait Cordelia vers lui. Il gémit contre sa bouche, ses mains glissant sur la soie de sa robe, le satin chaud de sa peau. Il défit la ceinture qui attachait Cortana, se débarrassa d’elle d’une manière la plus soigneuse possible, enfin il l’espérait - et se laissa tomber à nouveau dans ce délire.

Il ne se demanda pas pourquoi il n’avait jamais ressenti un tel besoin avant. Il ne pouvait pas. Il s’y perdit, la courbe de sa taille, le contour arrondi de ses hanches, la montée et la chute de sa poitrine alors qu’elle s’arqua. Ils s’embrassèrent sauvagement : ils croyaient être appuyé contre la table, Cordelia contre elle.

Son corps se pencha en arrière dans un arc impossible, ses mains appuyées derrière elles pour se retenir. Ses yeux étaient à moitié fermés, sa tête penchée en arrière, révélant la gorge nue. Il y pressa ses lèvres, provoquant par surprise un soupir de plaisir.

Ses mains passèrent à travers le tissu élégant de sa robe - il pouvait sentir la chaleur de sa peau à travers elle - de la taille à l’encolure de sa robe. Ses paumes suivirent ses courbes jusqu’à ce que ses doigts pressèrent sa peau bronzée nue juste au-dessus de l’encolure de la robe. Elle était élégante, douce et chaleureuse à la fois, comme rien d’autre qu’il n’avait jamais touché. Il l’entendit gémir ; elle disait son nom, et son cœur battait au même rythme que ses paroles : « James, James, Jamie, s’il te plaît. »

Le « s’il te plaît » le défia, il tira sur sa veste, et attrapa Cordelia par la taille la soulevant jusqu’à ce qu’elle s’asseoit sur le bord de la table. Sa robe relevée au niveau des genoux, ses cuisses, pendant qu’elle tenait sa chemise et l’embrassait. Sa bouche allait à l’encontre de la sienne, chaude et exigeante, alors même qu’il se pensait sur la table contre elle. Elle lui tendit les bras et il se pencha sur elle, soutenant son poids d’une main au-dessus de sa tête.

Il s’arrêta, juste pour un moment, pour la regarder. Ses cheveux écarlates étalés sur la table, ses yeux brillants, ses lèvres rouges charnues tellement gonfler à force de l’embrasser. Il prit doucement son corps contre lui, ses jambes de chaque côté de ses hanches, sa jupe pliée presque au niveau de sa taille. Elle souleva ses longues jambes nues autour de lui et il frissonna. Ce qu’il y avait en lui, ce qu’il voulait, était très insistant, comme une force encore inconnue pour lui. Un désir comme des fils chauds dans son sang, la douleur agréable d’un désir insupportable qui l’a amené à l’embrasser à nouveau, à l’embrasser avec plus de force. Elle enroula ses mains dans ces cheveux, le tirant pendant qu’il embrassait ces seins, passant la langue sur la peau sensible jusqu’à ce qu’elle pousse discrètement un cri et s’accroche à lui d’une manière désespérée.

Il fonça vers elle et l’embrassa chaudement, profondément et fortement. Elle arqua pour recevoir ce nouveau baiser, son souffle haletant. Il la sentit à travers le tissu fin de sa chemise : la chaleur de celui-ci, le renflement de ses seins contre sa poitrine, ses mains caressant sa poitrine.

Ses mains adoraient la toucher de la même façon, pour découvrir ce qu’elle aimait, ce qui lui faisait perdre la tête, et pour le faire encore et encore... Il n’avait jamais vécu ça. Il avait déjà connu le désir ; puis il se souvint, enfin il croyait. Il s’avère qu’il était entré dans une flaque d’eau en pensant que c’était la mer. Pendant que Cordelia bougeait dans ses bras, comme ses lèvres, il comprit la profondeur de désirer que cela ne soit pas juste son imagination, que c’était plus que du désespoir, de la joie, du désir et d’être désiré en retour. C’était un rêve fiévreux, ses mains glissant sous le satin lourd de ses jupes, le goût salé de sa peau, les sons doux de son plaisir comme elle le ramena vers lui, le tirant vers l’avant, la table semblant tourner sous eux.

Il entendit, comme s’il était à une grande distance, le bruit de l’ouverture de la porte. Il leva la tête et vit une silhouette blonde près de la porte. Le froid lui traversait les veines. Cordelia se raidit, commençant à lutter pour s’asseoir. « Non » pensait-il, mais il ne pouvait pas l’arrêter, il ne pouvait pas lui en vouloir. Tout - quoi que ce soit - était fini.

Il glissa de la table. La fièvre s’est déjà estompée, ce sentiment – la liberté glorieuse du fardeau de sa propre volonté – s’était estompée. S’accrochant à son contrôle, il l’enveloppa, avec l’aide de son manteau, se tournant pour regarder calmement son parabatai.

« James » dit Matthew.